Affichage des articles dont le libellé est vécu. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vécu. Afficher tous les articles

31 octobre 2018

Ultra-présent

J’ai oublié de te parler de l’introduction ; ça aurait été du genre : Il faut que je retienne tout ça, je vais devoir l’écrire. Il faudra que je trouve un moyen de faire une introduction dans laquelle le temps existe, et puis d’un coup bam! le présent… en même temps je ne sais pas si c'est très ultra-présent ça.
J’étais en train de rentrer chez moi, en voiture. J’écoutais la radio, il s’agissait d’un entretien littéraire avec un écrivain, et l’intervieweuse lance le mot “ultra-présent”. Je n’écoutais que d’une oreille alors je ne sais pas de quoi elle parlait, dans mes réflexions personnelles, entre réflexions sur l’amitié, plaisir d’un apéro, la conduite, la projection dans mon retour à la maison… je n’entends quasiment que ce concept, ou plus exactement maintenant que j’écris mes pensées c'est la seule chose que j’ai retenue.
“Ultra-présent”, que serait-ce donc ? l’annihilation temporaire de l'écoulement du temps ? il faudrait penser un processus narratif émancipé de tout processus narratif, où les événements s'imbriqueraient plutôt que de se succéder. On aurait dit que le concept-clé ce serait la superposition… jouons. Et je me suis dit, voilà, c’est ça qu’il faut que je te raconte, la soudaineté du présent, qui s’accumule. Mais alors avec ce procédé narratif contre-narratif il faudrait raconter une histoire, même si elle ne serait qu’une pile de choses, avec la simultanéité des idées et des sentiments. Oui, c’est ça qu’il faut que je te raconte… très bien le présent, mais quoi alors ? Mais ça justement. C’est meta, pas si original, mais c’est ça mon ultra-présent : la question de ce qu’est l’utra-présent. Bien sûr mes sentiments, mes pensées ont une temporalité, et se raccorde à une historicité du monde, on pourrait faire des flash-back pour retracer justement le temps de chaque sensation… mais ce serait se rapprocher de la Recherche du Temps Perdu de Proust, et sa madeleine, oui… ce moment qui en un clin d’oeil retrace le temps passé puis finalement retrouve la temporalité. Mais ce n’est que le présent ça, pas l’ultra-présent, c'est simplement le présent qui s'écoule, le présent de la littérature. Depuis combien de temps je n’ai pas ressenti le besoin d’écrire, je me dis, je me dis que je me dis que ça fait longtemps que je n’ai pas eu envie d’écrire. Ah voilà, c'est le besoin d’écrire, je le reconnais, il faut que je le tienne parce que là je conduis, je ne peux pas écrire. J’avais raconté autrefois comment je devais m’organiser pour pouvoir écrire lorsque soudain je devais le faire, comment je devais m'arrêter pour tenir l’instant et le retracer. Oui, je vais t’écrire ça… je me dis, là, qu’en l’instant tu dois te dire “Wow ! c'est quoi tout ce pavé d’un seul coup !?” et ça me fait rire… et ça me fait rire de l’écrire maintenant que je me relis alors que j’avais oublié de l’écrire au premier jet. Alors de quoi s’agit-il ? Bam-bam-bam ! les choses s’empilent, se superposent c'est violent parce que c'est instantané… il faudrait trouver une structure, un sens. Pourquoi écrire demandait Sartres, et je réponds “pour qui ?” parce qu’il a éludé la question sous prétexte que ce serait pour personne alors que c'est dans cette contradiction (superposition ?) que ça se joue… “c'est dans la répétition que réside le symptôme” avais-je entendu un soir à la FIAC dans ma période parisienne, dans une mise en scène poignante (? le point d’interrogation c'est que j’étais avec une copine qui ne trouvait pas ça poignant) de l’exercice vain de la psychanalyse. Et je vois justement des lumières, c’est la lune, ah mon inspiration ma muse ? non ce sont des grues, oui il y a des travaux mais où, que se passe-t-il dans ce quartier ? Il y a une dynamique d’aménagement, la ville grandit et il faudrait adopter une approche démographique. Car c’est ça aussi le présent, un instant de l’histoire en marche. Maintenant que j'ai fini Une Esquisse de l’Histoire humaine de Todd, il faut faire une ultra-brève esquisse de l’histoire de l’humanité, c’est ça le projet… peut-on en faire un livre ? L’idée c’est la superposition, je me le re-confirme à moi-même, il faut que je tienne cette idée, là maintenant, je pense à l’ultra-présent, je vais te raconter ça quand je serai revenu dans le temps. C'est un nouveau dispositif narratif, comme les pièces de théâtre classique où l’action se passait sur une journée et en lieu… à la radio l’auteur parle de localité… non, l’ultra-présent c’est l’ultra-localité, c’est l’ultra ici-et-maintenant. Le temps… la sélection naturelle nous a fait accéder au temps qui passe, c’est à cause de l’épuisement du présent. Rien n’est épuisé, encore. L’ultra-présent est là, je dois le tenir, qu’il dure ou plutôt ne dure pas. Je sais que je ressens le cuir du volant sous mes mains, j'essaie d’adapter mes mouvements à la douceur du cuir… peut-on avoir une conduite sensuelle ? ça c'est une question que je me suis déjà posée. Mais là maintenant je sens surtout ma poitrine gonflée, un élan, parce que je me dis, oui, c’est ça que j’ai envie te dire là maintenant. Je pense à toi, c'est une manière de me faire penser à toi. Mais alors la mémoire… ça va être dur de me souvenir de la superposition de ces pensées et mes sensation passent et sont difficiles à retracer, et au moment où j’écris je sais que j’ai oublié la moitié, je me presse de rentrer, je me presse de ne pas installer ma réflexion, je me presse d’écrire, je me presse de me relire, je ralentis le temps qui passe. Mais déjà il me rattrape, il m’a rattrapé, et comment je vais pouvoir écrire tout ça ? je compte sur mon écriture au moment d’écrire, l’action, dans le présent, va tout rattraper, je sais que sur le moment je serai capable de faire semblant de retrouver le présent… et c'est bien ce que je fais, je le reconstruis là maintenant en l’écrivant. Mais je passe, ça c’est le futur, ou plutôt le passé puisque c'est maintenant que j’écris… le temps me rattrape, vite je dois me dépêcher de le ralentir. Je suis chez moi je prends mon ordinateur, je vais t’écrire l'ultra-présent, je t’écris l’ultra-présent.

10 mars 2011

Shoot

Régulièrement j'alterne les cycles de musique, des cycles sans musique... Est-ce la musique qui me donne envie d'écrire ? Ou bien des cycles de contrebande, dans des ténèbres tous juste éclairés par une de ces lunes sorties de limbes, croissants effilés qui semblent déchirer un ciel noir et sans étoile au-dessus d'un paysage urbain à moitié orange ? Toujours est-il que j'ai vieilli et que je reconnais désormais ces périodes de recyclage qui accélèrent les évènements de ma vie.

J'écoutais Saint-Germain au milieu de mes souvenirs de vie d'étudiant attardé parisien, ce monde si lointain désormais auquel j'accède sans aucune trace de mélancolie, comme si ça ne m'avait jamais réellement concerné. J'avais choisi un morceau plus positif que les autres, dont le début fait écho au générique de Clair de Lune... Paris toujours... (nous nous sommes jurés de nous aimer toute la vie et nous avons choisi des universités différentes)... et puis petit à petit, un silence se dessine, dans des notes fluides au piano.
Clac !
Une rupture que je ne connais qu'au piano. Une petite suite de 3 accords dont chaque note se détache très clairement. C'est aussi l'étude de Bach jouée par Richter, le moment unique qui fait que le monde d'avant bascule dans un nouveau monde, un premier battement de cœur à 4 temps, identique aux suivants mais unique dans ce que celui-ci succède au silence, un instant qui pourtant se déroule dans sa propre finitude temporelle.
C'est peut-être ce fameux shoot d'héroïne, impossible à revivre.

Je remets mon CD sur 5:50, encore, et encore, j'essaye de le reproduire avec ma langue et dans ma tête c'est toujours une gifle donc chaque doigt s'abat séparément. Mais il me faudra à nouveau l'oublier pour le revivre véritablement... plus tard.

11 août 2009

L'éclat de la lâme d'un couteau

Depuis combien de temps flânais-je là, sur les bords du Styx, dans l'obscurité écrasante des quatre grands murs de la bibliothèque de Babel ? J'avais essayé de ne pas m'attarder, de faire un grand feu à la sortie de ma grotte, mais malgré moi, alors que je croyais m'enfuir vers un soleil haut dans le ciel, je m'étais enfoncé dans les entrailles de la Terre pour y perdre la vue, pour y perdre la raison. La seule lumière que je voyais était celle de cette petite étincelle qui ne cessait de me brûler les entrailles, de me torturer sans répit.
Les Dieux m'avaient puni comme autrefois Sisyphe et d'autres encore. Sans cesse je travaillais à faire cesser les battements trop vifs de mon coeur, sans cesse les parois de celui-ci frôlaient un arc électrique bleu qui me faisait ressentir des pulsions terribles, des émotions trop intenses.
C'est alors que perçant l'obscurité devant mes yeux, si habitués qu'il ne voyaient même plus le noir qui m'habitait, je vis la lumière d'une lanterne à travers les brumes. La lumière flottait comme par magie au-dessus de l'eau brune du fleuve tumultueux. Puis je vis une main, un bras et reconnu rapidement la silhouette haïe et chérie de la Mort, ce démon qui m'a côtoyer toute une année d'automne au début de ma jeunesse, lorsque contre toutes mes attentes naïves les bourgeons du printemps ont soudainement jauni et dépéri, lorsque le bois craqua si fort que la foudre ne descendit plus jamais sur les arbres.
Elle enleva son capuchon et je la vis plus belle encore que dans mes souvenirs, auréolée d'un scintillement sans doute causé par les larmes qui perlaient dans mes yeux. Je voulais crier le nom (ridicule) de cette Mathilde qui faisaient et défaisaient tous les fils de mes rêves adultes, mais je n'avais plus de voix depuis des années. Dans son absence elle m'avait enlevé toute humanité, toute faculté d'exprimer les caractéristiques d'un être vivant.
Elle tenait de son autre main un fil ténu, le miens.
Ce fil je l'attrape, en songeant qu'il me mènera sans doute hors de ce labyrinthe cauchemardesque que je me suis moi-même inventé. Je sais bien qu'elle va le lâcher, mais peu importe, peut-être vais-je pouvoir retrouver mon nom, après 20 ans d'une secrète absence. Et je salue au passage cette âme soeur, tantôt revenue à ma mémoire, dont je ne cesse d'observer qu'avec dédain la sérénité qu'elle m'offre, comme le mépris d'un destin trop simple, emporté dans la tempête de toutes mes peurs rassemblées.

26 août 2008

Avalon: Tlön (5)

Pendant ce court séjour à Fabrika j'ai pu retrouver les petites ruelles de la ville cramoisie. A cette époque de l'année elle est un peu submergée par les touristes mais j'avais pris soin d'emmener avec moi la fille du capitaine que j'avais justement rencontré là-bas deux ans plus tôt et grâce à sa connaissance de la ville nous évitions la foule en nous perdant au travers de la Fabrika des vivants, délaissant la fascination pour les morts.
Vers midi, alors que le soleil tapait fort et que les indigènes échappaient à la chaleur par la siesta moins catholique qu'à l'époque de la dictature, la fille du Kapitan, comme je l'appelais lorsqu'elle était d'humeur saint-petersbourgeoise, s'arrêtait devant chaque porte, fermée, pour me raconter ce qu'il y avait derrière. Parfois il s'agissait d'une cour intérieure ou d'un passage, d'autres encore la porte était fictive et s'ouvrait, aux possesseurs de la clef, sur un mur ou un miroir.
Je faisais "Hmmm..." ou "Ah?" pendant qu'elle discourait, regardant ses gambettes, plus taillées pour la course que pour la flânerie, qui n'en finissaient pas de se dérober d'une jupe grise comme je n'en avais jamais vu d'aussi mini. J'observais ses petits doigts de pied, ronds, s'agiter lorsque la porte décrite était belle.

Puis nous sommes arrivés sur une petite place surmontée d'une cathédrale suspendue à l'envers. J'expliquais alors comment elle avait été conçue, comment l'arbre, un platane, poussait à droite.
Alors qu'elle répliquait que je racontais n'importe quoi, je lui prenais la main sans qu'elle se rende compte, je crois, que ce geste, à cet instant, était érotique.

Elle m'invita à boire une Van Damme, la bière luxueuse de Tlön dont la recette fut mise au point à Santa-Cerza par les anciens moines-boulangers désormais retirés "dans le silence et la nuit de l'espace". Et je me dis en moi-même que même très bonne, parfaite peut-être, le prix de 500 écus était exagéré. Je tus bien entendu cette réflexion économique.
Nous prîmes une ligne périphérique, une correspondance rayonnante, pour piquer une tête à Desert-Eagle.

21 juillet 2008

Résurgence

Alors que je faisais un rapide bilan sur un aspect de ma vie pour des raisons ludiques avant tout, quelque chose que je n'aurais jamais cru aussi important est apparu dans mes souvenirs.
J'empilais des données plus ou moins objectives (disons sincères), je posais des critères, inventais des systèmes de mesure, histoire de me moquer de moi. J'essayais de me souvenir aussi, très simplement et très agréablement la plupart du temps. Et tandis que les informations pleuvaient sur ma feuille excel, mettant en évidence les souvenirs et les choix les plus connus, une influence du passé sorti tout à coup du lot. Sa pondération me paraissait par trop importante et je remis vite mon approche en cause pour retravailler tout ça. Mais plus je m'amusais à me souvenir, comparant les mémoires les unes aux autres, plus je mesurais les conséquences de mes actes passés dans ma vie d'aujourd'hui, plus j'étais fasciné par ce détail qui m'avait toujours semblé anodin et qui en fait était incontournable.


J'ai pris, peut-être il n'y a pas si longtemps de ça, à l'insu de tous, une décision qui a changé ma vie de manière notable je crois. J'ai fait un choix qui n'avait rien de difficile mais les conséquences ont été terribles. Ces conséquences je les trouve bonnes et la fierté n'est pas absente quand je regarde en arrière, mais la responsabilité est grande et le résultat est encore lourd à porter. Ce qui est fou c'est que cette décision je l'ai prise pour des raisons morales sans vrai investissement sentimental, que je la prenais à la légère et que j'en ai même joué. Tout s'est déroulé sur peut-être 3 fois quelques secondes au plus et tout le reste s'enchaînait tranquillement, quel qu'aurait été le comportement choisi.
C'est tout à fait vertigineux et je ne sais pas qui au juste j'ai entraîné avec moi, ou qui m'a entraîné au juste. J'aurais pourtant dû m'apercevoir que cette humble non-aventure, cette anecdote jamais intéressante à raconter et je le sais encore moins à entendre, intervenait régulièrement dans certaines de mes rares justifications demandées, dans ma gestion de problématiques familiales ou dans des négociations ayant un rapport avec des sujets complètement différents.

Il n'y a pas de mélancolie mais rétrospectivement, d'abord je veux le dire, énormément de respect renouvelé, de l'amour même en fait, un peu comme entre un frère et une soeur, et une surprise de voir que de petites choses font qu'une vie peut (ou non, je ne le saurai jamais) être différente. Et je suis heureux de m'être rappeler de ça, de redonner à ce qui s'est passé et aux personnes qui ont participé la place en moi qui leur est due.

09 juillet 2008

Une, autre

Trois hommes faisaient un grand feu dans le désert pour indiquer le chemin. Se faisant ils chantaient le nom de Normand pour lui faire fête. Le dieu léger qui s'était mis à danser manquait de tomber par terre et planta son bâton d'acier dans le sol pour se retenir.
Ganz, plusieurs fois fils de Normand, descendit des cieux par petites touches, tout d'abord calmement puis bien vite il se fit presque torrent dans le vent. Une jeune fille était apparue au milieu d'une savane sauvage et, surprise par la pluie, marchait, courrait presque vers son foyer s'y mettre à l'abri. Drapée de couleurs, son corps se collait au tissu de son vêtement maintenant trempé. Ganz sentait sur ses mains, entre ses bras et ses jambes, les formes juvéniles de la jeune fille. D'abord pressée elle se mit à ralentir, son souffle haletant, ressentant un poids dans son dos puis des mouvements: elle portait maintenant le dieu étranger sous l'apparence d'un singe pesant. La pluie cessa tout à coup, la jeune fille s'arrêta et demanda:
- Quel est le dieu qui m'apparaît si petit ? - Qu'importe le nom. Je te veux belle à travers le temps, reprends ta marche et où que tu ailles j'embrasserai le paysage, répondit le dieu Ganz.
Arrivée bien plus tard aux abords de la Cité la jeune fille était devenue femme, son vêtement blanc et cintré, laissant deviner un corps rond et ferme. Le dieu Ganz était reparti dans les cieux et aveuglait d'un soleil occidental les restes effilés et dorés d'un précédent orage. Elle s'arrêta devant l'espace et dit mutine
Dieu coquin, dieu vilain ! Me voilà face à cette méchante porte et je ne sais trop si je dois la tirer ou la pousser.
Elle entendit une plaie s'ouvrir loin à gauche du ponant, grande de la terre jusqu'au ciel. Un vent plein de senteurs de métal allait couvrir bientôt les fleuves et les champs de la couleur du sang, mais c'est la main d'une soeur qui pour l'instant se posait, tendresse fraternelle, sur ses bras libres et nus.
Dans ses "Mémoires au fil du chemin" (1522) l'explorateur Abriel Fos rapporte que le roi Abu aurait commenté cette aventure comme suit:
Quand il ne reste plus d'espace la souris creuse.
D'un point de vue personnel je souhaiterais avoir l'occasion de laisser s'exprimer ma fainéantise. Mais le monde ne peut que m'accompagner ou m'anéantir alors que j'hésite entre le faire et le laisser faire. C'est donc avec cette impression de violence que je choisis de continuer à vivre le temps et à construire mon palais... nous verrons bien demain ce que Illa [note: certaines populations donnent à l'héroïne de l'histoire le nom de Illa, du nom d'un personnage qu'on retrouve dans de nombreux contes oraux d'origine païenne (je crois)] fait en face de cette fausse fausse alternative, mais alors tu seras loin de toute métaphysique. Une théologie verrait ici des choses moins fondamentales permettant ainsi la construction de ce que tu appelles civilisation tandis que chez nous nous resterions en proie à nos sympathiques petites envies. C'est pourquoi il faut préférer se rappeler des questions plutôt que des réponses.

25 avril 2008

Arythmie


Ntq ntq ntq ntq ntq ntqntqntqqqqq
You you you you hou!
Pom popom popom
Ntq ntqntq ntq ntq ntq ntq
You you you you hou!
Pom popom popom popopopopopom popom
Dance! Weeeeelllll...
Dance! Well well well well... Dance!
You you you you hou!
You you you you hou!

Vers minuit-dix, après le printemps, j'ai l'impression que sa nonchalance, si féminine, chante plus aigu que les nuits précédentes. C'est une drôle d'impression que de sentir que le rythme n'est pas respecté sans vraiment en être sûr.

Oui, je plaide coupable et j'ai la larme à l'oeuil en écoutant Amy. Ce n'était pas prévu.

03 mars 2008

Fortunes diverses dans les médias

J'entends des femmes parler de la liberté des femmes, de la lutte pour l'autonomie et le respect, embrassant finalement l'humanité.
Ni putes, ni soumises. Ni hérissons, ni paillassons.
Tandis que je parcours mentalement toutes les voies que cette petite phrase peut-être préparée sans que cela lui porte préjudice, François de Closets prend la parole pour terminer l'émission. Il nous dépeint en un instant le choc des cultures, le choc des Civilisations (et bientôt la guerre), il propose un discours paternaliste en parlant de ces "filles" à qui l'affirmation de la morale issue de notre Nation permettra le mieux-vivre, bienà leur place.

Par erreur je zappe sur un homme qui parle. Je reconnais très rapidement Max Gallo à la référence historique folle, à sa réalité gavée de force, véridique car "stratégique".

Alors...
Alors...

Alors Juliette Binoche.
Pour tout, absolument tout.

09 février 2008

J'avais un nom en 1900

Les hommes et les femmes sortirent dans la rue et allumèrent des feux. Tous ceux qui savaient jouer d'un instrument improvisèrent des orchestres un peu partout dans la ville et le boucher avait préparé un grand méchoui.
Sans que personne ne le sut le maire avait préparé un feu d'artifices qui s'alluma à minuit lorsque le champagne coulait à flots.
Pas très loin de là, près de la plantation, quelques personnes faisaient la fête autour d'un grand feu en chantant et en dansant. Et ils prièrent aussi joyeusement dans une langue inconnue.

Dans la neige blanche un groupe d'hommes en bel uniforme se tenaient au milieu des chants et des cris. Et quand ils ouvrirent le feu, hommes, femmes et enfants s'écroulèrent dans le sang ; venus pour manifester pacifiquement, et signifier qu'il avaient une foi, un espoir, qu'ils croyaient au Progrès, les survivants levèrent un poing sanglant au ciel et jurèrent.

Pendant la nuit du 366è jour Siegfried finit par ouvrir le ventre du Dragon au terme d'un combat épique que le monde allait raconter à travers les générations. Dans le bain de sang Siefried su que Brynhild finirait dans le feu, entendit mon nom et le rêve prit fin dans la joie et la bonne humeur.

24 novembre 2007

Ma poupée

Ce matin je m'éveille, l'esprit cotonneux. A la radio un homme parle avec une femme:

Mais il s'appelle Manuel. Vous aviez remarqué qu'il s'appelait Manuel ?
- ... Non! C'est vrai. Mais il faut le dire avec l'accent... vous avez raison, il s'appelle Manuel.
J'avance ma main vers ta hanche. Ta peau est douce, je veux la voir avec ce grain velouté et je te tire un peu le drap sur le dos. Je t'imagine avec les yeux encore fermés. Je me serre contre toi, le nez dans le creux de ton cou, à travers tes cheveux emmêlés je respire ton odeur, tes fesses rebondies contre mon ventre.

Comment vais-je t'habiller aujourd'hui ? Hier tu ne portais aucun accessoire et je n'avais pas pu te voir jouer pendant la journée avec telle petite chose ou telle autre. Je ne pouvais décemment pas te remettre ce pantalon que tu ne te lasses pas de remonter toute la journée, quand, pour mon plus grand plaisir, il laisse entrevoir un morceau de ton dos ou un bout de ton sous-vêtement... ta jupe fendue alors... mais ça ne va pas avec le pull en laine qui se colle à ta peau.
Je te proposerai tout à l'heure de nouer tes cheveux avec un crayon.

Tandis que je soupèse ton sein gauche j'entends la petite musique qui indique la demi. Je me lève pour préparer le petit-déjeuner.

25 octobre 2007

Le bon sens, c'est la désertion

Évidemment, comme tous les bloggers qui font une pause ou qui disent adieu, je ne peux pas m'empêcher d'écrire un peu parfois. Mais comme je le laisse entendre dans le titre je suis encore un peu perplexe en ce moment alors on verra bien.

Le pragmatisme, donc, est à la mode. On ne peut pas vraiment critiquer cette ambition qui est proche de celle de l'empirisme, mais on peut noter tout d'abord qu'à sa différence elle n'est pas négociable.
En effet en science il est très important de noter avec rigueur l'ensemble des conditions d'une expérience et ses effets. Pourtant il faut être bien de mauvaise foi pour ne pas se rendre compte que même alors les simples résultats, attention pas encore les conclusions ou les théories, sont toujours remises en cause. Avec le pragmatisme il n'en est rien et le mot fait office d'argumentation puisqu'on est censé être dans la seule description. Aussi si dans certaines disciplines il semble que le mot ait toute sa place pour aider à former des idées, des concepts, il en est d'autres où cette notion propose en réalité un signal pour dire à l'interlocuteur non pas que ce qui est dit n'est pas discutable (ce qui laisserait encore la place à la négociation comme tout ce qui est de l'ordre de la réalité) mais ne sera tout simplement pas discuté: c'est une fin de non recevoir, l'autre étant considéré comme incompétent au mieux, gênant la plus part du temps.

Le bon sens va encore plus loin. Car il s'agit en fait d'un pragmatisme basé sur un ensemble de pratiques culturelles, de pré pensés que l'on s'autorise à croire pré requis, et dont on ne va pas chercher à en comprendre les fondements dont on ne vas pas vouloir éprouver les limites. C'est de l'idéologie pure qui va au-delà de la religion puisqu'elle veut s'imposer comme méthode d'appropriation de la réalité: on est trop intelligent pour avoir à discuter avec l'autre, mais, pire, on ne sait pas bien ce qu'on veut penser et on se considère même trop intelligent pour soi-même.

Ainsi le pragmatisme, qui m'énerve à être à la mode en politique quand on voit bien que les rhéteurs se trouvent sur d'autres espaces, ne pouvant même pas effectuer la moindre addition, le bon sens exprime la haine, de l'autre bien sûr mais en l'occurrence plutôt son désamour, mais la haine de soi surtout.

Sur ce je repars dans mon mutisme relatif et aléatoire.

30 août 2007

Cocktail

Vous vous souvenez sans doutes des Trucs et astuces.

Tandis que le vent qui rend fou fait fureur (c'est à dire qu'au moins il fait beau) et après une journée positiviste où personnellement, parce que je suis sensible, j'ai pu (ré)apprécier la beauté formelle du corps professionnel airbusien, je me suis retrouvé à vouloir expérimenter une nouvelle harmonie fouriériste.

Bakounine sémite
------------------------------------------------------

  • Vodka
  • Get27
  • Liqueur de rose (Stavrou)
  • Piment d'Espelette
  • Sel sur le bord du verre
  • glace pilée
Le tout est à préparer au shaker... au niveau de la quantité c'est assez difficile de préciser, je dirais que la couleur finale est plus ou moins pourpre mais assez clair.
A noter que de manière surprenante c'est la vodka qui joue le rôle d'adoucissant (gare à ceux qui voudraient un cocktail léger et qui se tromperaient sur le rôle de chaque ingrédient).

16 août 2007

Back to Tuscany (retour sur la Toscane)

Tout d'abord quelques repères sur la Tuscany

  • Son découpage hebdomadaire cohérent en 7 jours articulés autour du vendredi appelé Venerdi:

Venerdi le jour des vénères
Sabadi tampon entre le venerdi et le domenico
Domenico jour de repentance du venerdi
Lunedi jour de calme, on peut être un peu rêveur
Martedi boulot et shopping
Mercoledi préparation du café, on sent bien qu'on est en train de s'endormir mais bon... on continue d'être pénard
Jovedi on fait un bilan de la semaine passée... il y a des chances pour que ça soit pas joli joli et que ça nous rende vénère

  • En Tuscany, patrie de Michel-Angello, d'il Capitano Erra (le Capitaine Flâne) et de Walker Tuscan Ranger, les gens parlent le Tuscanien mais ils sont complètement bilingues et vous pouvez tout à fait basculer en Itagnol. C'est assez pratique déjà aujourd'hui mais le sera encore plus lorsque la Tuscany aura racheté Loddonzza (actuellement appelé Londres ou encore London, Londra, 런던, ...).
  • Les tuscanians comptent à peu prêt tout ce qu'il peut être nécessaire de compter.
  • Pensa


1er jour
Tout a commencé par l'abonnement en tant qu'alfa-testeur au nouveau pack-service de Google appelé Google Way of Life. Dès le départ nous savions que nous partions pour la Tuscany mais qu'en cette période de chasseurs-croisés furieux les routes allaient être noires de monde. Conduisant une clio Légo pour ne pas être trop avantagés par le matériel le voyage apparaissait assez fastidieux.
Au milieu du parcours, vers Florac, lorsque nous nous sommes arrêtés pour manger un brun, nous avons commencé par faire un rapide bilan: non seulement nous avions évité tous les bouchons mais mieux nous n'avions tout simplement pas rencontré une seule autre voiture au milieu d'un magnifique paysage.
Assez impressionnés nous avons voulu rendre hommage à la Google Intelligence en commandant des sandwichs américains dans une cahute rapidement inventé pour nos besoins (plus aucun humain ne servait à manger à cette heure).

-Un américain s'il vous plait
-Ketchup ? Mayo ? Moutarde ?
-Ok.
-...
Les trois ?
-Ok.

-Un américain s'il vous plait
-Ketchup ? Mayo ? Moutarde ?
-Ca dépend: vous avez quoi ?
-...
Ketchup, mayo, moutarde.
-Ketchup, ouais
Passant rapidement par le Var (détenu par microsoft sans doute, à moins que ce soit yahoo) celui-ci s'est vengé en nous mettant des pièges particulièrement bien taggés (ce qui pencherait plutôt pour yahoo) et avec de jolis pictogrammes qui nous envoyait vers des fausses routes (plutôt msn live). Arrivés par hasard dans un Google Backstage nous avons pu voir un peu comment était construit cet univers alternatif. Les gens qui travaillaient à notre itinéraire, un peu perturbés de nous voir ici en coulisse, nous ont rapidement laissé la place libre ainsi que les priorités pour nous inventer une route tout à fait vierge de la moindre roue de clio Légo et rattraper ainsi l'itinéraire qui nous avait été fourni à l'avance.
Plutôt que de nous arrêter à Barcelonnette nous avons été attirés par Gap (une Google ville en version alfa elle aussi, donc un peu buggée parfois).
-Ce serait pour une chambre
-Ah nous sommes complets monsieur. Vous savez ce serait moi je vous la proposerais tout de suite sans hésiter.
-...
Sinon il y a un camping dans les parages ?
-Oui dans la rue d'en face. Enfin quand je dis "en face", on se comprend...
-...
-La rue qui monte quoi.
-...

-Ce serait pour une chambre
-Ah nous sommes complets monsieur.
-Donc là il faut qu'on aille dormir
-Ailleurs!
-... (!)
Ou dans la voiture ?!
-Ah oui: ou dans la voiture.
Nous avons pu y essayer la fonction "j'ai de la chance" pour le resto: je cherche un resto->je trouve un resto+qui fait bistro-pub+juste avec une table libre+une place de parking devant... pour finir il y a un feu d'artifice (en version beta quand même).



2è jour
Google Italia fait très fort. Il compte tout d'abord tous les virages, puis il compte toutes les centaines de mètres, enfin, quand il compte les kilomètres il les affiche 2 fois. En revanche nous avons vite vu qu'il y avait des problèmes sur le kilométrage, un peu flou puisqu'il pouvait parfois augmenter à mesure qu'on avançait... l'explication n'a pas tardé à venir. En effet "tout se tient" et "tout est au coeur de tout", ce qui fait que c'est à ce moment là que, avec un certain manque de finesse, Google a inventé toute une région.

La veille Google avait fait du massif central le réseau routier le plus dense d'Europe en inventant à la volée plusieurs milliers de départementales, ici il inventait toute une région économique avec ses usines (il n'y avait encore que les façades), ses faux champs qui ne font rien pousser, son relief plat, son centre d'affaires (encore en carton-pâte) et ses autoroutes.
Et il faut bien l'avouer qu'il est agréable de fouler de la roue d'une clio Légo une autoroute au goudron encore chaud sans aucune autre voiture dessus, pas même en sens inverse, et quand une seule sortie est ouverte (les affichages concernant les autres sorties potentielles étant bâchés): la nôtre.
Google invente donc en fait, à la volée, un espace temporel pour chaque voyageur (la conclusion est peut-être erronée mais pour l'instant je n'en vois pas d'autre de valable). A noter aussi les autoroutes en colimaçon qui sont certes utiles mais tout de même bluffantes.

Arrivés à Viareggio nous avons pu profiter un peu de la mer. Elle venait sans doute d'être finie puisque tandis que nous voulions aller nous baigner une véritable foule se pressait à fuir la plage (sans doute des employés Google).
Avec un réel plaisir je suis donc parti me baigner dans les eaux chaudes de cette partie de la Méditerranée, en pestant un peu quand même sur le fait qu'il avaient oublié de creuser un peu le fond de la mer vu que l'eau m'arrivait aux cuisses sur une centaine de mètres au moins.

Après avoir pris une pizza et surtout du Chianti dans des verres gigantesques et légers sur la marina, nous sommes partis exercer le "matuvoir" sur les bords de plages. Le "matuvoir" est une activité nocturne assez simple: alors qu'à quelques mètres de là il y a des bars très sympas (lounge, country, club, pub...) diffusant de la bonne musique rythmée avec parfois même de gentils groupes de rock, tout le monde se presse sur les trottoirs en buvant ostensiblement (en chemise ouverte et pull camaïeux sur les épaules noué comme une cravate) et sans même sourciller lorsque la musique est bonne.
C'est ce soir là que nous avons définitivement rayé de notre liste le mojito (nous n'étions pas à Barcelone après tout).



3è jour
Magnifique paysage à Stazzema où la pensivité de l'homme vrai a du être inventée.
Le boss de la demi-journée n'était pas facile et nous avons réussi tout de même à manger des petits sandwichs à Pietrasanta pour accéder au niveau supérieur [notes: pour ceux qui ne suivent pas il s'agit d'un vocabulaire propre aux jeux vidéos, il faut tuer un méchant très fort pour accéder à un niveau supplémentaire du jeu et où la difficulté sera plus grande].
Le reste de la journée fut dédié au sport intensif avec de la natation et du squash des sables.

Le boss du soir était plus dur encore puisque nous avons essayé d'accéder à une discoteca. Attendu que nous étions sur la côte et que c'était celle sur laquelle toute l'Italie estivale se pressait nous sommes partis naïvement sans aucune indication indigène. Après de nombreux kilomètres nous avons du rebrousser chemin et abdiquer devant le seul commerce ouvert qui arborait fièrement un "Nigth Club" lumineux en devanture lorsque de nombreuses voitures étaient garées devant. Plutôt qu'une discoteca nous nous sommes donc retrouvés dans un [censuré par la rédaction].
C'est donc un peu désabusés et confus (mais que font donc les italiens le soir ???? et où sont-il ????) que nous nous sommes rentrés au camping.



4è jour
Le QG est finalement resté à Viareggio pendant la visite de Lucca.
On a vite vu que le capitaine Flâne était originaire de la région tant le flanage a été intense.
Google y a en tous cas testé la google pluie qui a été réutilisée régulièrement pour nous prévenir qu'il était l'heure de manger (un peu comme les odeurs lors du voyage depuis Toulouse qui nous prévenaient des changement de pages sur l'Atlas).
Nous avons pu y compter quelques marches (en Tuscany il est important de bien compter, même s'ils nous en rajoutent toujours quelques unes en rab en bons commerçants), voir quelques paquets de splendeurs et marcher sur les remparts (qui ont du m'inspirer bien des choses ailleurs sur mon blog d'ailleurs tandis que je n'avais aucun souvenir conscient de la région).
A la fin de la journée, lorsque James dîne, mine de rien, le séjour culturel a commencé à se transformer en séjour gastronomique.

Pour finir un petit "matuvoir" du soir s'est fait ressentir pour dire au-revoir à cette Versilia si festive mais seulement en cachette.



5è jour
Les clefs de la ville de San Giminiano m'ont été données lorsque, tout à fait par hasard et dans ce qui ne me semblait être pourtant qu'un simple café (situé non loin de la mairie, j'aurais du être sur mes gardes), j'ai demandé una birra Nastro Azzurro. Ce fut la fête jusqu'à tard dans la soirée!
Après une tentative infructueuse de visionnage de ce bon vieux "Pirates des Caraïbes" en itagnol non sou-titré, nous sommes partis à la recherche du super bar de la région à Pietrafita... le résultat étant infructueux et manquant de détruire les suspensions de cette gentille clio Légo qui n'en demandait pas tant, nous sommes partis dans la grande ville de Poggibonsi dont le nom aurait du déjà nous faire comprendre que nous allions faire chou-blanc [notes: au moment d'écrire ce rapide retour je me rend compte maintenant que cette suite de loupés aurait du nous alerter].
Encore penauds nous nous sommes désespérément dirigés vers le centre de San Giminiano en nous demandant s'ils auraient fini par nous oublier malgré l'épisode de la Nastro Azzurro: nous étions censés rester incognito au moins quelques jours et nous avons craint un moment être rattrapés par quelques paparazzi et autres private investigators. Avalon est alors apparu devant nous avec son impressionnante collection de bières de tous pays (mais hélas inconnues de leur tenancière). Si la Guiness pression fut difficilement buvable le boss du soir avait quand même été vaincu.



6è jour
800km à travers toute la Tuscany en vélo, sur des routes à peine goudronnées et même parfois à travers les champs, en 2h, et sans eau (!) sous une chaleur de 40°. En prenant en compte dans le calcul la pause bière (Nastro Azzurro, donc, mais cette fois-ci sans aucune clé d'aucune ville, nous n'étions après tout pas en ville) vers les deux tiers du chemin nous sommes arrivés au calcul d'une vitesse moyenne de l'ordre de 430 km/h. C'est ce qu'on appelle "to smoke Tuscany".
Le séjour gastronomique a reçu son premier coup derrière la tête ce soir là. Car si la veille on avait pu goûter les bruschette régionales, les fameux fagioli, le cervo sans oublier de prendre un véritable espresso, nous tombions là sur des pizze surgelées...
Le boss du soir fut néanmoins vaincu lorsque nous arrivions à trouver à Pietrafitta la fameuse mercerie qui se transforme en pub lorsque le soleil se couche.

Comme tous les jovedi un rapide bilan fut fait et il n'était pas bon: si nous n'arrivions pas à faire la fête le lendemain the Tuscany allait être désintégrée vu que nous aussi le venerdi nous pouvons être vénères... mais ça c'était avant le drame.



7è jour
Florence et Sienne en 1 jour (truc de ouf!)
Nous ne nous doutions de rien car, comme dit précédemment, nous commencions à douter de la Tuscanian Tuscany des Tuscanian Tuscanians. Nous nous sommes crus malins à être vénères pendant un moment... mais ça c'était avant le drame.

Arrivés doucettement à Florence le matin nous nous sommes garés juste à côté du consulat des Etats-Unis amis en inventant tout bonnement un parking gratuit. D'autres français, se sentant sans doute malins eux aussi puisqu'on a retrouvé leur voiture sans vie au même endroit le lendemain, nous demandant si ils avaient le droit de se garer eux-même nous leur répondions "Ben en tous cas, droit ou pas, on le fait."
Nous avons alors commencé à déambuler un peu au hasard, attentif à toutes les splendeurs qui pouvaient surgir à tout moment. Nous avons bien évidemment éviter soigneusement la "4 corsie" (nom barbare, y a le mot "corse" dedans, ça doit être un chemin de folie à travers les montagnes).

Et c'est donc assez flegmatiques que nous arrivions aux abords du palais des Strozzi.
Un peu décalqués par le début de ce voyage volontariste et, je trouve, assez admirable compte tenu des conditions, nous avons fait une pause au milieu de la campagne: face à nous un magnifique paysage verdoyant [notes: on peut remarquer que ça commence déjà à pas être facile à suivre... je suis désolé mais ce n'est pas forcément facile de témoigner non plus]. Pour parler plus cruement: impossible d'aller plus loin, c'est la siesta qui tombe!

Très vite le capitaine Flâne s'est mis en route et les splendeurs, à ce moment encore de petit gabarit, commencèrent à tomber elles aussi.
Les routes étaient pleines de virages, pleines d'à-pics et toute la Tuscany semblait se rassembler sur notre petite SS222 sans trop savoir s'il faudrait ou non encore ralentir pour tourner quant en pleine ligne droite on est déjà à 40km/h.

C'est alors que le Duomo apparut. Le mot d'ordre de "splendeur" était lancé avec cette rotondité déconcertante et ses trous circulaires béants. Les marbres blancs et verts faisaient oublier la quasi absence de fenêtres et le côté bloc de l'architecture. En continuant un peu sur notre gauche nous aperçûmes le Campanile, quelque peu étrange, et une sorte de brouillon de dôme sur le parvis... c'était une église vénère du venerdi! Nous sommes rentrés rapidement, et rapidement nous sommes sortis: le guide vert nous avait prévenus mais nous étions bien obligés de regarder à l'intérieur. Le boss de la demi-journée est donc arrivé: monter tout en haut du dôme.
Il gagna rapidement tellement la longueur de la queue était grande. C'était la première fois qu'un boss de la demi-journée nous écrasait aussi facilement, nous aurions du nous méfier.
Le capitaine Flâne mis néanmoins la vitesse supérieur vers Santa Croce.

La Google pluie nous indiqua alors qu'il était temps de manger. Et il était vrai que cela devenait très important... du domaine de la survie même. Nous nous sommes donc arrêtés au premier McDo (stomake-compliant) rencontré en Tuscany: une station-service aux abords de Sienne. Les nuggets, les frites avaient vraiment du mal à passer mais il fallait se forcer ; vivre ou mourir, telles étaient les alternatives. Et si le Chianti passa tout seul, il n'était pas bon pour autant et vu le dîner de la veille notre confiance dans ce vin commençait à s'estomper vraiment. Repartir fut difficile surtout que la voiture s'était transformée en four. Pour autant le centro était, comme toujours depuis le deuxième jour et notre escale à Gênes (1h à travers la ville pour arriver au centro), indiqué tout droit.

Une fois le ciel bleu revenu, donc, la foule pour monter au Duomo s'était considérablement amoindrie et nous décidâmes de fûmer le boss de la demi-journée au deuxième essai. Cette fois-ci nous n'avons pas compté les marches (le compte aurait de toutes façons était différent du compte officiel, nous avions compris le truc) et nous sommes arrivés tout en haut pour admirer le paysage.
Autant Florence se trouve au milieu d'une vallée et explose de couleurs et de splendeurs dans tous les sens, autant Sienne surgit tout à coup pleine de cohérence et de mystère au détour d'un petit mont. D'abord avec la fortezza ensuite avec San Domenico puis la ville elle-même après une drôle de faille. Le flanage pédestre n'avait pas encore recommencé que nous nous trouvions au beau milieu de la place des offices et de son vide-grenier de splendeurs. Ici le Neptune, là Persée et la si jolie Méduse que je n'aurais peut-être pas décapité moi-même. Au sortir de la drôle d'église en T nous sommes donc partis flâner à travers cette drôle de ville grillée au-dessus de laquelle se trouvait perchée un nouveau Duomo, moins imposant mais certainement plus équilibré. En passant à travers les petites rues (difficiles après l'escalade du Duomo, le flanage et nos péripéties à vélo) bordées des drapeaux de l'Oie puis ceux de la Forêt nous nous sommes vus demandés 10 euros pour rentrer dans cette église qui n'était assurément pas vide celle-ci... si le voyage en valait sans doute la peine, nos états respectifs, eux, sans doute pas.

Le capitaine Flâne, justement originaire de cette bonne vieille ville de Sienne d'après mes informations, même si il passa par la suite de nombreuses années à arpenter Florence (n'y est-il pas encore ?), se remit en route à travers les étranges ruelles toujours bordées de bannières et d'enseignes étonnantes et gaies jusqu'à la piazza del Campo qui se préparait aux festivités du 15. Après une bonne siesta obligatoire en plein milieu de la place, une mauvaise pluie nous obligea à nous protéger à la piazza di mercato. C'est donc bon gré mal gré que nous avons visité le palais Pitti, tenaillés par la peur du syndrôme de Stendhal tant nous avions appris que les splendeurs n'allaient pas s'arrêter de surgir de si-tôt. Les tableaux étaient fort beaux et une envie de gifler de la francesa fut contenue alors qu'il semblait que "cela ne vaut pas Versailles".

Pour préparer un tant soit peu la soirée et puisque nous savions où nous allions mangé, nous partîmes à la recherche du YAB, la discoteca du centro. Et bien nous en a pris car non seulement cela nous a pris plus d'une demi-heure pour la trouver alors que nous passions devant tant et tant de fois sans la voir, mais en plus elle était fermée. Sur le chemin du restaurant, heureusement, un v.i.p. nous indiqua un truc un peu plus hype dans le coin: un bar qui s'appelait, qui s'appelait... non je n'me souviens plus du nom du bar perduuuu -> encore un plan foireux qui nous coûta une demi-heure.
Le repli stratégique, une fois changé en vrais gars de la night avec les chaussures à l'italienne, se fit sur une petite Osteria en passant par le bon vieux Ponte Vecchio.
C'est alors que tout s'accéléra.
De ce que la bistecca alla fiorentina est bien bonne avec un filet de citron
De ce que le Chianti fut de nouveau très bon, et par erreur non comptabilisé, de ce que cette erreur nous couta cher par la suite
Du pub irlandais à la solde de yaccusa trouvé au détour du Central Park (cherché encore quelques jours après mais jamais trouvé)
Des ninjas, des filous français, des espionnes anglaises, de la Guiness parfaitement servie (enfin!) et de ce que cette perfection nous couta cher par la suite
D'une victoire de l'espionnage anglais sur le filoutage français et de ce que cette victoire nous couta cher par la suite
D'un face-to-face au Faces non fair-play
D'une redistribution des cartes non assumée
D'un jeu traffiqué au shot gratuit et de ce que cette vile tricherie nous couta cher par la suite

Un peu éclatés par le cumul de Florence et de Sienne en une seule journée nous nous sommes donc mis à la recherche de la route pour rentrer plus tôt qu'a l'accoutumée. Diverses tactiques furent utilisées pour échapper au techniques d'interrogatoire britanniques, aucun renseignement ne put sortir de nos bouches et la Google Intelligence pu nous retrouver sains et saufs devant le consulat américain.

Nous avons bien évidemment éviter soigneusement la "4 corsie" (nom barbare, y a le mot "corse" dedans, ça doit être un chemin de folie à travers les montagnes). Tandis que nous nous approchions dangereusement de Rome nous décidâmes de faire demi-tour et d'abdiquer pour prendre finalement cette fameuse "4 corsie" qui veut dire "4 voies". La visite de Florence entre 4h et 6h du matin fut difficile à assumer...
La morale de l'histoire c'est qu'en Tuscany il faut être fort pour vaincre le venerdi et les italiens mettent d'ailleurs toute une semaine pour s'en remettre.

C'est vers 7h en ouvrant les yeux que je vis le soleil se lever, allongé tranquillement dans les herbes bordant un Arno serein ; tandis que la clio Lego ronflait tranquillement toute portes ouvertes. La lumière de l'aube illuminait les villas jaunes et le dôme patapouf du vide-grenier de la Renaissance.



8è jour
Le capitaine Flâne se remit en route du côté du Mugello. Ambiance nature: nous avions cru un moment que la tendance serait à la siesta mais la ballade ne fut en fait pas si facile.
La pensivité de l'homme vrai fut reconvoquée au coin du lac d'une région plus que décevante après toutes ces splendeurs (aucun médaillon des Medicis sur un monastère quelconque, aucune villa moche peinte en jaune n'y firent grand chose). Le point de vue de la génétique eu même l'occasion de se faire encore sentir malgré les défaillances nettes de la veille dans ce domaine précis.
Ainsi, de retour à Firenze, nous en fumes d'un restaurant "Routard compliant" puisque nous n'avions pas le guide du routard pour nous avertir: c'est à dire que le restaurant était rempli de francese. Peu importe puisque le corretto nous fut offert 2 fois à chacun (mazette!) en même temps que les clés de la ville pour à nouveau avoir fait le bon choix.



9è jour
Ballade dans le jeu Gran Turismo à travers la région de Sienna.
Tout à fait indescriptible avec ses innombrables bosses, ses chemins de graviers (toujours cruels pour la clio Lego, qui fait vraiment de drôles de bruits désormais à Toulouse), ses routes inventées et à l'interface blanche rustique au milieu des couleurs vives dans les tons ocres, jaunes ou marrons de la région.

Le boss de la demi-journée se trouvait être un restaurant au milieu d'un désert rempli de mirages de bocages.
Et dans une Osteria typique camouflée en snack au dehors nous avons pu gouter à la cuisine de la mama en succombant à la farandole de piazzi de la vraie Tuscany. La cuisine n'était pas trendre avec le cholestérol, certes, mais il est des occasions où mourir un peu plus jeune devient un prix acceptable lorsque en face de la lourde table de bois posée sur des pierres rouges foncées se trouve posé, comme un tableau flamand, un paysage doré au ciel d'un bleu sombre au milieu d'une fenêtre à peine voilée d'un vert chahuté par le vent.
Si la ville d'Asciano fut selon toute vraissemblance rasée de la carte par l'armée italienne, faute de pouvoir la visiter (d'ailleurs quelle importance?) nous avons vu à peu près tout ce qui se faisait d'abbayes dans la région, qu'elles fussent couvertes ou que le toit fut perdu dans les pertes et profits de la Tuscany d'une richesse quand même surprenante.
"Il" nous fit bien peur quand, pourtant encore à l'âge de 5 ou 6 ans, il cherchait à soit-disant jouer avec "Victoria" [note: rien que de citer cette anecdote me fait dresser les poils ; Sarkozy a peut-être raison, il faut enfermer les psychopathes, même à cet âge] et nous repartîmes tranquillement vers Avalon pour siropter peut-être une bière de bonne facture...

Las, toutes les bières un peu spéciales demandées à la serveuse et pourtant présentes dans sa collec' étaient inconnues de celle-ci. Une kwak éventée ne fit alors pas passer le gout d'une pizza ne valant pas Findus. C'était pourtant un au revoir.



10è jour
Le départ de San Giminiano fut efficace. Espresso, cappuccino, jus d'orange-carotte, pain au chocolat... et départ en première du camping de Santa Lucia en pente pas très douce, en face de San Giminiano, et où il règne désormais une odeur de moteur de clio Lego grillé.
On fume donc la Toscane, on évite le centro de Gênes (digne de Sisyphe) pour ne pas perdre un temps précieux, on aligne les gallerie et les duce pour rentrer en France. La Provence fait péter le bluff et nous retrouvons ce bon vieux Var qui ne sait rien faire de ses dix doigts si ce n'est bluffer et bluffer encore (galère romaine inexistante, viaduc débile, vol d'aigles morts... rien que du classique pour cette région en polystyrène). Les campings insalubres alignent des étoiles en toc comme nos ninjas florentins en envoyaient à travers le pub.

Après le flirt avec les extrêmes limites à Cap Esterel nous partons pour Saint-Tropez pour y gouter un "matuvoir" de pacotille, ou les gens ne sont même pas capables de rester sages sur le trottoir en laissant les bars vides. Habillés de camailleux et arborant une barbe brune et un bronzage des sept mers, parlant un anglais aux accents itagnols, nous avons réussi, non sans mal, à éviter la remise des clés d'une ville has-never-been.



11è jour
Fumage du sud de la France qui en brûle encore et retour à Toulouse sans aucune référence à Nougaro.

23 juillet 2007

Réflexions (pessimistes?) du we III: positivisme avant de se coucher

J'ai aussi eu confirmation ce we, et c'est beaucoup plus positif, que la logorrhée qu'il m'est arrivée de rencontrer peut être un cas clinique. C'est très intéressant. Maintenant on peut se demander, et par exemple dans ce blog, si une bonne introspection ne serait pas de rigueur (mais c'est déjà un signe de bonne santé, non?).

Je ne parlerai pas de la cigarette... parce que pour l'instant je suis en pleine expérience de serendipité avancée, enrichie de curiosité intense (et surprise en plus) propice à l'élaboration de références d'interactions multiples et diverses. Cherchons donc à ne pas nous prononcer pour l'instant.

Quant à l'Inde, elle attendra (ou plutôt n'attendra pas, et surtout pas moi, pas ce soir).


Réflexions (pessimistes?) du we II: Match.com et modélisation du corps

(Ayant déjà parlé de Match.com, je serai rapide sur ce 1er sujet)

Qu'est-ce que la tromperie dans des rapports commerciaux ? Il faut bien comprendre que si l'objectif est la mise en interaction, une fois cette interaction échafaudée le potentiel utilitaire y est restreint, il n'y a pas tromperie lorsque la transaction est faite, que la rétribution et le service attendu se sont déroulés comme prévu. C'est la même chose pour une recherche d'emploi sans projection, lorsque ni l'employeur ni l'employé n'ont de projet social ensemble (ce qui arrive trop souvent) et que l'objectif est transactionnel, du coup-par-coup commercial: le mensonge sur un CV devient un toupet bien senti. Je reviens à mon article précédent: c'est une question de service demandé. Il y a tromperie lorsque le « client » attend un service dans un mode relationnel (interaction référencée) et que le commercial vend un service dans un mode transactionnel (interaction jetable)... on passera sur le rôle alors devenu délicat de l'opérationnel (heureusement pour lui il lui arrive d'avoir suffisamment d'incompétence pour ne pas toujours réussir à la cacher).

Toujours le service et son interaction avec l'appartenance dans le rapport social au corps. Le corps nous appartient-il ? Avons-nous tous les droits vis-à-vis de celui-ci ? A cette dernière question il est très facile de trouver une réponse simple: non. Puisque nous n'avons aucun droit d'en déléguer le contrôle jusqu'à la destruction notre propriété ne peut être que partielle.

De plus la sécurité sociale est un moyen de délégation pour chacun donnée à un autre de prendre soin de son corps, c'est à dire que l'ensemble de la société a un droit (il n'y a pas de don gratuit), relatif à un usage, sur le corps de l'individu. On pourrait arguer que ce service se base sur les mêmes fondements que la morale mais les entreprises ont le devoir de vérifier la santé de leurs employés et il est possible d'interner des gens dans des hôpitaux psychiatriques sans leur demander leur avis.

Enfin être gros, handicapé, moche, avoir une image simplement inhabituelle... ne deviennent alors plus simplement des contraintes à l'interaction mais carrément un message et déjà une interaction, qu'on soit responsable ou non de cette image physique: être albinos est la même chose que porter un nez de clown, tant pis si dans un cas on est né comme ça puisqu'en réalité nous serions cause de nous-même, c'est plus pratique. Nous sommes bien loin de l'homme vrai (mais pas si loin de ceux qui s'appellent « hommes vrais » qui vectorialisent eux aussi le paysage relatif à leur corps). Être bronzé en permanence n'est plus ainsi un besoin de séduire en permanence mais exprimer la reconnaissance du caractère permanent du besoin de séduire, c'est très différent. Le tatouage, comme d'autres pratiques telle que le piercing, souvent catégorisées de la même façon, n'est pas un autre comportement: seul le message diffère. On pourrait presque en revenir au sujet sur Second Life... mais je le garde pour plus tard.

Bref nous ne sommes plus en situation de pensivité face à un autre corps et la beauté d'une personne ne vient plus de celle qui la regarde, contemplative... la poésie comme pont entre le vectoriel et le paysage n'a plus d'intérêt puisque la transaction commerciale n'y est pas nette.

22 juin 2007

Comment je suis une vache

Je dois l'avouer, c'est quelque chose que je sentais depuis longtemps mais n'étant pas exposé comme aujourd'hui j'avais des difficultés a y faire le point. Sans compter mon père, amoureux ou usiné ou les deux en même temps je ne peux pas le dire, dont la présence et l'absence ont toujours été de mise, qui brouillait les pistes: suis-je moi? libre? et avant tout ne serait-ce pas un jeu terrible de territoire?

Qu'importe je témoigne pour la haute idée de justice qui m'habite depuis toujours, car dans cette histoire banale et qui paraîtra stupide a certains je veux être le plus honnête possible. Et la je pense a mon grand-père qui m'a tant marqué et de ces jeux dont je me souviens comme naïfs et qui ne l'étaient sans doute pas.
Vous l'aurez deviné je plaide coupable. Peut-être même d'une culpabilité redoublée puisque j'y prends plaisir. Mais je crois avoir déjà parle de ce sujet de différentes façons ici-même ou là mais c'est la même chose ; ce qui d'ailleurs amènerait de l'eau au moulin de celui qui possède un peu du sens de la psychologie.

Je regarde les trains. Ce n'est pourtant pas une obsession puisque je n'y pense que quand ils passent: non il s'agit d'un vrai goût calme et pondéré. Certains aiment les références historiques, reconnaissant les modèles et la marque du temps, d'autres préfèrent les trains a vapeur certainement pour les sens excites dans un certain raffinement... que je comparerais a un espresso ristretto. J'ai une préférence catégorielle nette mais qui s'y exprime assez librement et très directement: je suis attiré par les trains de marchandises, et peu importe la nature du transport puisque toutes les couleurs, toutes les formes, tous les âges ou niveaux de propreté... même les laides publicités n'y peuvent rien changer.

Il y a quelque chose de troublant dans les trains de voyageurs qui naviguent en communauté. Il n'y a rien de vraiment évolué dans le train de marchandises si ce n'est ce côté brut et son non-sens apparent. Je suis fixe, le train trapu passe avec mille cliquetis mats sur des rails eux immuables.

18 juin 2007

Penn ar Bed

Après le parcours de la route effilée bordée des 9 platanes, ou plus, je me retrouvais enfin où je le voulais: aux portes du monde.
L'endroit était calme et un peu fréquenté, si bien qu'à ce moment je ne croyais pas encore à la véracité du caractère final du lieu. Un peu amusé, nettement dubitatif, je descendis donc confiant dans une couche de brouillard jaunâtre de faible densité. J'avisais un homme qui mimait la pêche et qui me dit: "Ici on peut retirer quelque chose, mais c'est vrai que ce n'est pas tous les jours. Il faut attendre et voir ce qu'on peut attraper, mais ce n'est pas dit qu'on attrape forcément quelque chose au bout du compte."
Je décidai de continuer mon chemin en lui souhaitant bonne chance.

Je sentais dans l'air le flux et le reflux de la vie tandis que le ciel propageait tranquillement une lumière rouge comme le sang. Je vis alors venir à moi quelques formes du passé auxquelles je me sentais bizarrement étranger. Une mélancolie prit pourtant un peu place dans mon coeur pendant un instant ; puis une solitude. Les rares passant se faisaient discrets désormais et leurs pas incertains semblaient plus fuir que se diriger réellement dans une direction. C'est alors que je remarquai les deux soleils couchants à ma gauche.

Continuant mon chemin je goûtais à la liberté en me laissant inspirer par la sérénité du lieu, jusqu'à l'ivresse. Au loin je devinais, dans une lueur s'amenuisant, 5 ou peut-être 6 silhouettes fuselées s'étirant du sol vers le ciel sur peut-être quelques mètres. C'était par là que je voulais aller.
La lumière disparaissait petit à petit dans un crépuscule amer. Mon coeur semblait battre moins fort et le froid prenait doucement possession de mes extrémités ; devant moi je m'apercevais que les silhouettes étaient alignées plus loin que je ne le pensais. Révisant ma mesure mentale de leur dimension je comprenais qu'elles m'exhortaient à rebrousser chemin. C'est la peur désormais qui montait en moi, me rendant compte que depuis un moment je m'étais mis à entonner une petite comptine pour me donner courage.

Dans une obscurité presque totale je me trouvais maintenant au pied de géants endormis. J'avançais à tâtons, m'attendant à tout moment à sentir au bout de mes doigts une paroi invisible, un mur séparant notre de monde de ce que je voyais être vide de l'autre côté. Mais je dépassai maintenant de 2 ou 3 mètres la barrière formée par les géants. A bout, exterminé par l'effort consenti à surpasser ainsi la vie elle-même, je marquai mon nom à l'encre naturelle et imprégner ainsi le lieu de la trace de l'homme.


Je rebroussai alors chemin pour revenir à l'humanité.
Au loin, très vaguement je voyais une lueur orangée: un feu? un phare pour orienter les âmes perdues comme la mienne ? Au loin à droite je voyais un clignotement prendre vie.
A mesure que j'avançais je ré entendais le sac et le ressac d'une mer peut-être pas trop éloignée. Tout à coup des lumières s'allumèrent devant moi. Folles, elles voletaient littéralement en prenant même des trajectoires impossibles. Une certain angoisse m'assaillit à nouveau à l'idée de rencontrer peut-être des formes de vie jusque là inconnues. Croisant des ombres de plus en plus nombreuses j'entendais la vie renaître petit à petit par de petits grincements ou cliquetis étouffés dans un sous-bois encore intangible. Je dépassais les lumières sans y trouver finalement plus d'explication pour avancer encore vers ces lueurs qui s'organisaient petit à petit en éclairages d'une ville fantomatique. Les silhouettes prenaient corps à mesure que je revenais. J'entendais des chuchotements et ici je vis des êtres en réunion secrète autour de ce qui était peut-être le début d'un foyer.
Je rencontrai l'amour, et la sensualité de l'intimité partagée ; au milieu d'un grand calme, sous des nuages écumant dans un ciel noir.
Seul encore je m'embourbai dans des sables mouvants. La chaleur revenue dans mes muscles et la volonté dans mon coeur, je réussi à me sortir de ce piège tendu au travers de maisons abandonnées. A quelques mètres une petite communauté de jeunes gens festoyaient la vie collective.
En haut des marches je trouvaient une société organisée, des hommes et des femmes prenant place et jouant à exister et se faire exister. Passé le dégoût de la superficialité et la désolation des rapports entres les individus, je me réintégrais à ce monde que je reconnaissais comme miens et auquel, finalement, j'appartenais moi aussi.


Le lendemain je décidai de retourner aux confins du monde et y glaner quelques informations. Ce que j'avais pris la veille pour des géants endormis étaient en fait des cyclopes pétrifiés par une force inconnue et le chemin n'avais pas été vierge de tout contact avec l'humanité puisque avant moi, en 1965, mais peut-être d'autres encore avant, un petit groupe organisé en commando s'y était déjà partiellement aventuré.

15 juin 2007

Absente (sans doute depuis toujours)

Elle était apparue soudainement.
J'étais là depuis un moment pourtant, je rongeais mon frein, je tournais en rond. Tout à coup les nuages se sont faits moins gris.
Enfin je prenais tout cela pour un détail, je traçais ma route, droite, comme toujours sans pour autant éviter de regarder sur les côtés mais simplement je voulais avancer. Quelle surprise quand elle a tourné ses grands yeux vers moi.

48 petits kilos à transporter d'un point A à un point B. La ligne droite est le plus court chemin entre 2 points. Certes nous n'en disposons pas d'une visible mais elle existe. Et je la vois.

Bon j'étais là, elle était là... nous avons échangé un peu. J'aurais aimé un peu plus de temps, les choses, la vie était ce qu'elle était...
J'ai eu une panne d'essence ! Un pneu crevé ! Je n'avais pas assez d'argent pour appeler d'une cabine ! Mon costard n'était pas prêt au pressing ! Un vieil ami a débarqué de nulle part ! Quelqu'un a volé ma voiture ! Il y a eu un tremblement de terre ! Une inondation terrible ! Des sauterelles ! Je jure devant Dieu que c'était pas ma faute !!
Qu'est-ce qu'on fait dans ces cas-là ?
J'sais pas c'qui s'est passé: j'crois qu'j'ai paniqué.

Elle est partie,
si loin d'ici,
dans la nuit,
nuit de folie,
Elle s'est enfuie

06 juin 2007

Photos toulousaines

Comme vous l'avez vu il y a une petite rubrique supplémentaire dans la barre de navigation de droite pour des albums.

C'est donc avec plaisir que je présente avec quelques photos mon installation plus ou moins lente dans la belle ville deToulouse.

Wagram




31 mai 2007

PIT

Voici un jeu qu'il est bien bien et qui met de bonne humeur.



Quelques grands principes du jeu:



  1. Construire une famille mène à gagner des points


  2. Une famille est l'ensemble le plus cohérent d'éléments de même valeur


  3. Il faut se faire entendre au mieux


  4. Il faut repérer les systèmes économiques en présence


  5. On se trouve globalement dans une situation contractuelle négociée en aveugle de manière répétitive


  6. Au bout de 700 points on gagne la partie et on peut s'en aller torse bombé.

Vu comme ça on est bien obligé de se dire qu'il y a bien plus qu'un simple jeu de cartes derrière tout cela. Pour autant le jeu reste ludique et bruyant lorsque les participants sont acharnés mais peu investis et que l'ambiance reste bon enfant.