- Journal (absolument pas tenu) de lecture: Ma carte de Montano
- Journal de procrastination: Procraste
10 avril 2009
Procrastination (toujours plus loin)
Publié par
ropib
à l'adresse
01:01
0
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : blogs, déclaration, informations
09 avril 2009
Géante
Nous montions doucement le long son corps, tout doucement, paisiblement, comme seule une mongolfière peut le faire. Mais je pouvais difficilement la regarder, j'étais tourné dans le mauvais sens. Tant pis, je regardais le paysage verdoyant, les bocages touffus entre des collines, toutes ces terres travaillées par la main de l'homme arrosées de rais de lumière trouant les nuages.
Je n'avais pas encore été repéré et je devais me concentrer pour agir vite au bon moment. Je devais absolument être le premier au sommet.
Alors que je commençais à grimper la corde afin de me rapprocher de la nacelle je vis une petite tête blonde apparaître de celle-ci et une expression de surprise désagréable se dessiner sur le visage de ma compétitrice. Je mis le turbo pour arriver à m'agripper à la nacelle, un peu plus et elle finissait de couper la corde, m'envoyant m'écraser loin là-bas sur le sol. J'arrivais à me hisser à bord en faisant tanguer dangereusement notre engin, mon ennemie de circonstance, que je ne pensais pas être capable d'une telle sauvagerie, m'attaquait déjà avec un couteau. Occupée dans son désir d'éliminer toute concurrence elle en oubliait son objectif principal et la mongolfière commençait désormais à s'éloigner. Je profitai d'un moment d'inattention pour me jeter de la nacelle et atterrir au sommet du crâne de la belle captive, non sans devoir m'agripper à ses cheveux noirs et raides pour ne pas glisser tout en bas.
Sa chevelure sentait la vanille et j'avais toujours plus envie de la prendre dans mes bras, de l'embrasser. Mais pour l'instant la situation ne s'y prêtait guère. Je regardais la mongolfière continuer son chemin, des petits cris énervés s'en échappant ettoufés par des sanglots. Le soleil m'éclaira et je pu apercevoir enfin la chaîne en or au bout de laquelle une toute petite clé tintait joyeusement. Je la saisis en démêlant soigneusement les cheveux qui l'entravaient. Je pris une longue mèche et m'avançais précautionneusement vers le haut du front de ma princesse que j'allais enfin libérer. Bien accroché je commençais à descendre en rappel en découvrant les jolis traits de celle qui ne savait pas encore que j'allais être son sauveur. Et je sentais l'angoisse monter dans mon ventre: peut-être n'allait-elle pas me reconnaître, peut-être n'allait-elle pas se soucier de moi, peut-être qu'aucun prince ne pouvait la séduire, tout charmant que j'essayais d'être.
Tout à coup je glissais de son nez bien droit (d'aussi près je pouvais voir quelques détails moins jolis qu'une vue macrospique permet d'avoir, mais je n'y prêtais aucune attention, je pressentais que j'allais découvrir un formidable trésor) pour me balancer devant son oeil encore fermé. J'avais conscience d'avoir à préférer ne pas regarder en bas depuis cette altitude mais mon regard tombait directement dans son décolleté et j'aimais contempler cette peau ambrée qui semblait si douce, j'étais même tenté de m'y laisser sombrer. A mon poignet la chaîne faisait tourner la clé d'or dans tous les sens si bien qu'un reflet vint bientôt se dessiner par hasard sur la paupière de ma belle au bois dormant. Je pu sentir une soudaine respiration secouer son formidable corps, une fine humidité apparu sous sa paupière supérieure et l'oeil commença à s'ouvrir devant moi. C'était un oeil peut-être grand comme 5 hommes, d'une couleur d'émeraude dans lequel j'allais me noyer. Un flash de lumière m'aveugla.
Je m'éveillai sur le flan blanc d'une montagne enneigée. J'étais littéralement glacé, incapable du moindre geste, rigide comme du bois. En fait j'étais en bois, en pièces usinées en chêne, et non polies. Une sorte de sculpture contemporaine en plusieurs volumes détachés et qui formaient ou non mon image suivant le point de vue adopté par d'hypothétiques spectateurs. Existe-t-il pour moi aussi une clé libératrice au bout d'une chaînette ?
Publié par
ropib
à l'adresse
00:46
0
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : onirique
04 avril 2009
Premier contact
- Installez-vous John, on n'en a pas pour longtemps: Marcus m'a fait un topo.
- J'ai reçu des informations de la zone Equateur 1, les choses y sont de plus en plus étranges. L'agence spatiale nous dit que tout est normal au niveau gravitationnel mais que les dérèglements de la houle mettent en relief des modifications qui passent inaperçus à notre échelle.
-Vous en pensez quoi ? lui demandai-je, à cours de patience pour que ce gars prenne la parole de lui-même. Il se passe quoi dans notre pays à nous ? insistai-je en me demandant s'il avait écouté, s'il était au courant de son rôle dans cette histoire.
- Allez-y maintenant, c'est à vous de parler.-Ok, fit-il. Au niveau médical nous avons une recrudescence de malaises. Ca ressemble à du mal de mer. Il n'y a pas de problème à ce niveau.- Mais... ? lui demandai-je pour le relancer, après avoir éviter de bouffer mon bureau.- Je m'interroge, me dit-il. Nous avons lancé de multiples sondages et les résultats ne sont pas habituels.- Vous pensez à une manipulation de l'opinion ? S'il y a un risque politique il faut lancer une opération. Nos agents du moyen-orient nous ont informé qu'il se préparait quelque chose en réaction avec notre phénomène. Josh m'a dit que les groupuscules religieux de notre pays étaient en train de s'armer mais n'avaient aucune réflexion idéologique ou politique et que ça devrait nous laisser du temps. Mais il m'est d'avis...- Non, m'interrompit-il, ce n'est pas ça. Nous ne trouvons rien au niveau politique justement, ou en tous cas pas pour l'instant.- Pas de problème alors, lui dis-je, perdant patience.- Au début nous avons effectué les campagnes habituelles: questions, réponses ; sur des panels habituels. Jane me signala des incohérences en trop grand nombre, comme si les gens n'arrivaient plus à répondre de manière rationnelle. Nous avons contacté quelques écoles, de différents milieux, de différents états.- Ca c'est une bonne idée John ! lui dis-je, impressionné par une soudaine prise de risque de sa part.- Et bien pareil.
- Nous ne nous sommes pas arrêtés là et nous avons mis au point des sondages avec des questions ouvertes. Le résultat est que nous constatons une modification linguistique.- C... Comment ça ? ettoufai-je en dissimulant mon rire.- Une évolution syntaxique et phonétique... nous avons fait aussi des interviews. C'est un peu comme si tout le pays changeait d'accent et inventait un nouveau dialecte. Nous en sommes là mais le professeur Orelia Bostanova, que nous avons missionné sur l'affaire, a détecté des évolutions grammaticales très fines et pour l'intant restreintes.- Je... je ne comprends pas, balbutiai-je. Quel est le rapport avec la... avec cette chose, ce phénomène...- Vous alliez dire quelque chose de pertinent chef, vous alliez dire le mot, ce mot que nous retrouvons partout désormais et qui ne vient de nulle-part. J'ai contacté quelques anciennes connaissances à l'étranger, cette apparition est mondiale. J'ai contacté des professeurs d'université, ils connaissaient ce mot, ils l'utilisent même couramment désormais, mais quand je leur ai demandé s'il était d'origine étrangère, quelle était son étymologie, si il était utilisé il y a six mois ils se sont rendus compte qu'il y avait un problème. Vous alliez dire quoi chef ? Vous vouliez parler de notre nouvelle lune, mais vous alliez lui donner un autre nom n'est-ce pas ?
Publié par
ropib
à l'adresse
15:58
0
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : architecture, cryptage, particeps
26 mars 2009
Roll'Back Week-End
En ce moment les Roll'Back Week-end sont en tournée internationale des villes de seconde catégorie (Second Class European Tour). J'en ai donc profité pour aller les voir le week-end dernier au stadium de Toulouse, et je n'ai pas été déçu. Ils venaient tout droit de Valence avant de s'envoler vers Bologne, Stuttgart, Groninge...
Les Roll'Back Week-end, pour rappel, c'est ce groupe de trois ingénieurs-musiciens-compositeurs de la scène (américaine?) plus ou moins underground qui ont inventé le Roll'Back, sorte de musique expérimentale rock ou électro (le deux on va dire mais bon, c'est autre chose) qu'on pourrait dire synphonique (j'y reviendrai). Il est composé de Joe Chip, Arpy Bo et Nikos B., des anciens de la mouvance pour (vieux) ados des 2Tree2, et est produit par la maison de disque Agora sous son propre label RBWE Systems (qui est en gros le label dédié au Roll'Back chez le mastodonte de la production musicale).
Certains disent que le Roll'Back est un peu simple, notamment du point de vue technique, et qu'une telle démonstration de puissance est disproportionnée, surtout quand la technologie est de la partie. Il faut dire que les orchestres des Roll'Back Week-End sont composés la plupart du temps d'une -petite- cinquantaine d'interprètes et que pour certains instruments ce nombre semble disproportonné. L'utilisation de 20 guitares électriques est particulièrement discutée par exemple.
Il reste que sur scène la machine est impressionnante même si le spectacle proposé est plus proche du concert de musique classique que celui d'un quatuor d'artistes rock tentant le charisme chorégraphique.
Je ne connaissais que très peu et je ne les avais jamais vus, comme sans doute beaucoup d'autres spectateurs, aussi en arrivant je ne les ai pas reconnus avec leurs chemises à fleurs, assis au fond de la scène devant des portables. Je croyais qu'il s'agissait de simples ingénieurs faisant les derniers réglages accoustiques. Déjà je ne pensais pas qu'ils n'étaient que trois vu que l'orchestre est composé de 50 personnes (en gros)... Enfin au début il semblait ne pas y avoir de musique et les gens commençaient simplement à trouver les meilleurs places, à se retrouver entre potes, à s'amuser entre eux. Je remarquais que certains, arborant des T-shirts Roll'Back Week-End et manifestement des connaisseurs, étaient particulièrement bruyants et avaient des comportements un peu étranges. Malgré l'impatience de bon nombre d'entre nous, l'attente du spectateur, le brouhahas montait de manière assez continue. Tout à coup les lumières s'éteignirent, le brouhahas doubla de volume, les voix et bruits d'ambiance s'entremêlèrent en mailles serrées jusqu'à trouver un certain équilibre rythmique et accoustique... tout le monde s'était tû, le bruit humain était devenu musique.
La première impression était donc saisissante et on ne regrettait pas d'avoir dû attendre plutôt que de subir une première partie, quand bien même talentueuse, de musique industrielle comme c'est trop souvent le cas (selon moi évidemment, ceux qui m'accompagnaient auraient préféré une première partie). Avec l'arrivée des musiciens la musique pris plus de puissance en suivant telle ou telle variation ou plutôt telle ou telle superposition de discours (Joe Chip parle de "blaireau qui veut en imposer"). Après cette première partie forcément très expérimentale, peut-être à la limite de la musique contemporaine en plus light, la musique est beaucoup plus légère et ressemble plus aux morceaux qu'on peut retrouver sur internet. C'est sympathique avec tout le temps des happenings visuels pour soutenir la construction mélodique et faire interagir le public: on est loin d'être chez soi à écouter sagement un disque ou face à un orchestre d'autistes... en fait ça danse pas mal dans les travées, bref il faut y aller pour comprendre ce que je raconte.
Il y a évidemment la musique en elle-même, du Roll'Back léger et rythmé (Arpy Bo dit "Roll'back teletubies", Nikos B. a carrément parlé de "Roll'Back yéyé" dans un interview mais je pense qu'il faisait une provocation envers le public français). Je ne m'y connais pas beaucoup donc j'invite les experts mélomanes à aller directement écouter des morceaux sur deezer, jiwa ou d'autres. A ce que j'ai entendu jusqu'à maintenant c'est le meilleur son du Roll'Back, avec les londoniens de Walker-Tuscan-Citizen (qu'ils produisent d'ailleurs je crois) mais que je trouve un peu dépressif et surtout moins originaux (ils jouent à 5, c'est limite du pop-rock), et surtout très dansant. Ce que j'apprécie surtout c'est leur capacité à mettre du rythme sous forme de pulsations sans le marquer par une quelconque percussion.
Le Roll'Back au départ est sensé être basé sur des phrases de langue naturelle en en démêlant les vocalises pour isoler des mélodies, quelque chose du genre, tout en retraduisant les inflexions et, comme je le disais précédemment, le rythme. Arpy Bo explique d'ailleurs que c'est le sens du nom "Roll'Back", comme une volonté de re-protéiformer le langage (j'ai essayer de coller au néologisme anglais utilisé), et que la juxtaposition "Week-end" permettrait une mise en abîme de la double articulation à un niveau syntaxique mais aussi sémantique au niveau temporel ("ce qui est toujours intéressant quand on fait de la musique, parce qu'on travaille sur la notion de durée" dit-il)... :s.
A part l'explication par prise de tête d'Arpy Bo (peut-être humoristique, mais il a pas l'air de rigoler), Nikos B. raconte qu'il ne s'agit que d'une blague, de l'envie de rester en week-end, et que cela explique pourquoi ils portent des westons et des chemises hawaïennes: pour le contraste (je crois que Joe Chip a toujours préféré mettre en oeuvre la prise de congé au moment de ce genre de questions des journalistes)... avant de faire des simili jeux de mots prise de tête lui aussi. Apparemment c'est un peu l'humour du groupe qui avait besoin de se "détendre" après leur expérience au sein des 2Tree2 (qui leur a quand-même ouvert des portes puisque depuis Nikos B. apparait dans quelques films avec Adam Sandler, Joe Chip fait les chorégraphies de Beyonce et d'autres, et Arpy Bo s'est marié avec Jennifer Lopez qu'il a rencontrée à la Star-Ac américaine).
Pour conclure je dirais que l'expérience était plutôt intéressante et que j'irai sans doute les voir à Darwin à l'occasion de mon voyage en Australie pour les Nobody Days, peut-être le jeudi pour assister à du Story-live (il y avait des jazzmen qui en faisaient l'année dernière pour la fête de la musique sur la place Arnaud Bernard, et c'était pas mal, à 50 je me demande ce que ça peut donner).
Publié par
ropib
à l'adresse
14:38
0
commentaires
Liens vers ce message
20 mars 2009
A nos actes marqués
Je pense qu'il y aurait encore bien plus à dire sur les actes totalement assumés, qu'on recommencerait même volontiers, et qui aboutissent à des situations difficiles à vivre voire même des échecs pour toute personne extérieure. Il ne s'agit pas du tout d'actes manqués, pas vraiment des actes réussis non plus mais plutôt des actes signifiants. Ils mettent en relief les diverses articulations entre de nombreux objectifs poursuivis, parfois des contradictions ou des imprécisions hasardeuses voire même l'accident et l'adaptation.
La dynamique amoureuse foisonne de successions de tels actes et c'est pour cette raison qu'elle est intéressante aussi intéllectuellement, parce qu'elle met en scène de nombreux actes particulièrement signifiants et qu'elle est porteuse de nombreux objectifs complexes. Mais elle n'est pas la seule à pouvoir être analysée. Dans mon précédent article je parlais d'une expérience amoureuse malheureuse (pas du tout plus signifiante qu'une expérience heureuse, simplement plus facile à désigner comme problématique) dont la dimension heureuse était inexprimée et qui avait conditionné l'impossibilité d'une rencontre en rendant invisible toute sa dimension positive pourtant promise mais aussi dénuée à coup sûr de la dimension négative de la première. En fait sans rencontre la relation sociale est sans dimension, ce qui n'est pas surprenant. Pour autant la dynamique amoureuse étant explicitement dépendante d'autrui le caractère fortement identitaire de nos choix, de nos actes, est difficilement visible.
D'autres situations mettent en relief la marque d'une identité indéniable quand bien même la volonté serait flottante, subconsciente, voire absente (comme une accumulation hasardeuse d'attitudes encline à devenir système, parfois sans jamais y parvenir vraiment). Il y aurait une multitude d'exemples à donner comme le fait, ou non, de demander dans un restaurant un nouveau plat quand celui qu'on vous amène ne correspond pas à vos attentes ou même de refuser de payer... situation rencontrée par tout le monde, peut-être plusieurs fois, souvent vécue de manière différente mais dont la réaction,à force, peut dénoter d'un trait de caractère. On pourrait parler de psychologie, tout bêtement, en considérant que le sujet agit de manière non écologique: un acte serait jeté, instantanément, dans un monde réel objectif et le plaisir qui en résulte en donnerait toute mesure ; faisant dominer l'intériorité, l'introspection, par une forme altérée de la loi du marché ou l'individu solitaire serait capable d'être un système économique complet, et donc l'acte, à dimension sociale, un déchet. Il s'agirait là de troubles graves de la personnalité, quand bien-même certaines personnalités médiatiques, voire célébrées, en souffrirait. Tout se passe comme si, et là-dessus la psychanalyse ne se fourvoie pas, nous donnions une valeur aux actes sans en mesurer les conséquences. Si le sexe a comme conséquence potentielle de donner la vie il n'est pas nécessairement instantané et peut apporter du plaisir, en soi, au sein d'une durée. Et ce plaisir rentre en concurrence avec celui propre à la séduction d'une autre durée. Des collaborations peuvent s'instaurer entre diverses attitudes, au sein d'une identité qu'on pourrait alors considérer comme un écosystème, mais ce n'est pas toujours le cas et il n'est pas rare que des phénomènes de rupture apparaissent.
Il serait dommage d'en déduire qu'il n'existe pas d'échec, ou d'acte manqué comme une résurgence d'une volonté qui échapperait à notre conscience. Il faut par contre comprendre comment ce qui apparaît comme un échec peut parfois être revendiqué ou, même quand il est au contraire subi avec frustration ou souffrance, si systématique qu'il faut le considérer comme signe. La psychanalyse propose une approche médicale personnalisée et un contrepoint à de nombreuses philosophies. Il s'agit pour moi de considérer comment l'identité est une articulation entre société et l'individu et de proposer l'acte inefficace (anefficace ?) comme marque de la multitude d'adhérences sociales de la concurrence des processus cognitifs... et je t'accorde même, cher lecteur, que cette dernière phrase, impossible, en est un bel exemple.
Publié par
ropib
à l'adresse
01:30
0
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : architecture, déclaration
13 février 2009
Ce paysage qui défile
Pourtant dans ces deux expressions nous pourrions y trouver la référence à Albert Einstein, ou plutôt au principe suivant lequel rien ne serait établi, ce qui en soit n'est déjà pas si mal et remet à sa juste place tout le lourd héritage déterministe dont il est si difficile de se débarasser.
Le paysage défile et il est évidemment commode dans un rapport social de lui préférer la problématique du mouvement des corps, les uns par rapport aux autres, et du choix d'un référentiel. Il est une vérité que nous sommes attachés à la Terre, véritable référentiel du discours à mots couverts. Dans le rapport vécu au monde, cet autre rapport à la vérité, ce petit fait n'a pas beaucoup d'importance.
Nous y décrivons parfaitement le mouvement des choses et c'est très bien. Mais qu'aprenons-nous sur le paysage ? Pourrions-nous utiliser le mot Terre ou un autre à la place ? L'erreur de ce monsieur c'est d'oublier qu'aucun voyageur dans son train, regardant par la fenêtre, ne se dit qu'un référentiel est en train de défiler devant ses yeux. Si il préfère le mot paysage ce n'est pas pour rien et, en l'occurrence, je propose qu'il désigne ce qui défile justement. Il est pourtant possible d'admirer un paysage sans bouger pourrait-on arguer. Mais plutôt que de conclure de cet apparante incohérence qu'il s'agit de deux choses différentes, que la langue se trompe, je préfère mettre en relief la différence entre bouger et défiler.
Un paysage peut-il défiler sans bouger ? Mais oui ! Puisque je dis que c'est dans la nature du paysage de défiler. C'est à dire qu'un paysage fixe défile, au contraire d'une photo, ou d'une toute autre représentation du paysage fixe: le spectateur sait d'ailleurs parfaitement faire la différence.
Le paysage défile, comme un fil d'une bobine qui fait aparaître et disparaître des univers monodimensionnels superposés. Un fil enroulé qui possède des couleurs différentes à ses deux extrémités ne change pas de couleur à mesure qu'on le déroule (ou qu'on peut deviner entre les fibres quand on ne le déroule pas), mais il existe quelque chose englobant la couleur qui défile devant le spectateur associal, cet "homme-vrai", référentiel fixe à tout rapport culturel. Ce quelque chose c'est le paysage ; un paysage un peu restreint, celui du fil, mais aussi tout un univers qui peut se dérouler entre ses doigts ou sous les rails d'un train imaginaire l'emportant tout autour de celle-ci comme tout autour de la Terre, tout autour de la mer, tout autour du soleil, de la lune et des étoiles, sans interruption et à tout jamais.
Dans la réalité il est possible que le bonhomme soit fixe sur Terre et tienne une bobine de fil qu'il faudrait dérouler pour vérifier si elle possède plusieurs couleurs. Certes. Mais alors que dire de ce train que ni moi, auditeur, ni le monsieur qui parlait ne prenions à cet instant ? Comment se fait-il que quand il a parlé de paysage défilant j'ai compris "paysage défilant" plutôt que de système physique ? Sa démonstration de l'erreur du sens commun par rapport à la science est basée sur une arnaque. Imaginons un corps en mouvement par rapport à un ensemble de corps immobiles les uns par rapports aux autres, même pour le sens commun rien ne défile.
Le paysage défile et ne représente d'ailleurs aucun intérêt à l'étude mécanique de la réalité comme le hot-dog ne permet pas plus la résolution d'une équation lorsqu'il est assaisonné de moutarde plutôt que de ketchup même si pour le mathématicien du moment, car il est homme-vrai aussi, ça veut dire beaucoup.
Publié par
ropib
à l'adresse
00:30
0
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : architecture, déclaration
07 janvier 2009
RCK7: une tentative de chronologie
- RCK7 a été créé en 1995 et n'existait pas avant
- La première Nune est due à un accident ayant eu lieu en 2089
- La première formication (colonisation d'autres systèmes solaires) est partie 2 ans après mais elle n'a abouti qu'un millier d'années plus tard
- Anastasia Bourbaki est née en 2005 et Alexis Bourbaki en 2007
- Anastasia Bourbaki a participé aux prémisses de la conceptualisation des nunes
- Alexis Bourbaki a eu le pouvoir sur plusieurs nunes
- Alexis Bourbaki faisait partie des fondateurs de RCK7
- Nicolas Bourbaki (père d'Anastasia et Nicolas), né en1935, a travaillé à l'élaboration du premier anneau
- Alexis Bourbaki a déconnecté toutes les nunes en 32560
- Alexis Bourbaki a empêché la connexion des nunes de 2007 à 2089
- L'anneau a été créé en 2009 par le groupe RCK7
- La destruction du deuxième anneau a été la cause de l'accident de 2089
- La révolution de 1905 a eu lieu après la création du premier anneau
- Lorsque Finsternis prend le pouvoir l'idée de nune n'existait pas
- Finsternis a utilisé l'anneau au moins 2 fois pendant la guerre
- Il ne peut exister qu'un seul anneau dans l'univers
- RCK7 est un petit groupe de personnes qui n'a existé que quelques jours en 1995
- Anastasia Bourbaki était un groupe à peine plus important de personnes et n'a aucun rapport avec RCK7 ou Nicolas Bourbaki et Alexis Bourbaki n'a jamais existé que dans l'imagination d'un de ses membres
- Le groupe SOME-trust a construit un bâtiment en forme de double-anneau longtemps après les années 2000 appelé le Soro's Building qui est à l'origine du mythe de l'anneau, il existe encore aujourd'hui et peut être contemplé sur Terre
- Aucune nune ne peut être déconnectée
- L'avènement de la première nune marque la fin de l'humanité
- La nune a été utilisée pour construire le Soro's Building et non l'inverse
- L'Histoire commence le 9 septembre 1999 et la préhistoire se termine de manière imprécise après les années 2000
- Conformément au calendrier universel nous serions, à l'heure où j'écris ces lignes, en 2009 et la majeur partie des évènements qui sont à l'origine de ce mythe n'ont pas encore eu lieu (ce dernier point, évident puisqu'il s'agit de préhistoire, donne indûment des accents de véridicité à l'hypothèse calendaire)
- Certaines personnes ayant beaucoup de pouvoir en 2009, aujourd'hui donc, ont peur de la fin de la préhistoire et font tout pour qu'elle n'arrive jamais
- Aucun dieu (dénomination servant à la désignation d'entités super-viriles dans toutes les cosmogonies préhistoriques) n'a jamais existé et n'existera jamais (à noter qu'il s'agit justement des premières paroles du Dieu fusionné dans le mythe étudié mais je n'ai pas encore réussi à en trouver l'origine)
- L'idée d'oligarchie est une allégorie de la belle ville de Santa-Cerza del Talleone
- La pétapole Santa-Cerza del Taleone était un petit hameau des charentes-maritimes durant toute la préhistoire (nous y reviendrons dans une étude spécifique sur l'oeuf dur vertical, la baguette de pain de blé et le respect de la convivialité)
Publié par
ropib
à l'adresse
20:22
0
commentaires
Liens vers ce message
29 décembre 2008
Comme Zorro
A cette époque là j'étais amoureux d'une autre jeune fille de mon âge, pour ainsi dire il s'agissait d'une sorte de premier amour jamais assumé. Je l'avais rencontrée très tôt dans l'année et nous nous étions tout de suite beaucoup plu. Je ressentais une attirance sexuelle très forte, mais à mon avis tous les mecs de la classe devaient être dans le même cas. Pourtant je considérais, intellectuellement, qu'il n'y avait aucune possibilité pour moi de construire quoique ce soit. S'il s'avère que j'avais raison il n'en demeure que les sentiments sont d'une autre nature. Et lorsqu'elle me fit une déclaration, secrète, je n'ai pas su quoi répondre. Pendant une semaine elle me tortura, cherchant à connaître mes sentiments pour elle, répétant les siens à mots couverts et en privé, je n'ai pas cédé d'un pouce. Je ne sais pas vraiment ce qu'elle ressentait, peut-être l'ai-je faite souffrir d'une certaine manière, toujours est-il que publiquement elle s'amusait à m'humilier en faisant mine de séduire tous mes autres camarades et que, de mon côté, je me sentais le devoir de la protéger en faisant mine de ne pas pouvoir réagir. J'ai bien conscience que tout ceci ne semble avoir aucun sens, que cette distance que j'installais lorsque nous nous retrouvions était cruelle, en tous cas envers moi-même.
Cela n'a pas duré trop longtemps. Si cette année-là, étant dans la même classe, je ne pu m'empêcher de passer quasiment tout mon temps avec elle, je ne la revis plus par la suite. Un peu plus tard je subissais des cours dans une salle séparée de la sienne par une mince fenêtre en verre. Elle était habillée plus sagement, elle avait elle aussi changé... en fait elle était plus belle. Mais je la considérais comme une étrangère. Un après-midi elle me rattrapa sur le chemin du retour (par hasard je prenais le même chemin qu'elle car je ne rentrais pas chez moi, j'allais à mon club de sport) et nous discutâmes un peu, elle me dit des gentilles choses et ce fut tout. Étonnamment c'est aujourd'hui encore la personne qui m'a dit les plus gentilles choses que j'ai jamais entendues mais aussi les plus méchantes. Je m'étais échappé, je savais que j'avais eu raison et elle ne pouvait pas me donner tord.
Publié par
ropib
à l'adresse
11:39
2
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : déclaration, vécu
11 décembre 2008
Pathos
En attendant ce brouillon que j'ai écrit il y a un moment mais que je crois pertinent aujourd'hui même s'il y a des choses que je trouve discutables. Disons que l'intention était là.
Empathie:
Capacité à la sympathie ou à l'antipathie. Une personne empathique sympathise souvent avec les autres et démontre aussi de la compassion. Il s'agit d'une capacité à se projeter dans l'autre et sa reconnaissance. L'empathie permet surtout une dynamique de consolidation de liens sociaux.
Sympathie:
Le sentiment de sympathie est une envie de créer du lien social. Ce sentiment n'est pas forcément réciproque.
1)Une personne sympathique est une personne qui évoque le sentiment de sympathie chez les autres. Il a un comportement sympathique, c'est à dire qu'il produit un certain nombre d'aspérités dans l'espace social sur lesquels il est possible aux autres de créer du lien. Il s'agit donc d'un comportement utilitaire, générant du désordre, qui vise à maximiser la sérendipité de la création de nouveaux liens sociaux.
2)Une personne qui sympathise beaucoup est aussi une personne sympathique. Souvent elle présente beaucoup d'empathie pour reconnaître les comportements d'autrui susceptibles d'entraîner des situations dans lesquelles il est possible de tisser du lien social.
Sociabilité:
Multiplicité de liens sociaux. Il est possible de créer de nombreux liens sociaux (sympathie) ou de capitaliser sur les existants (empathie) pour être sociable.
Compassion:
Faculté de ressentir ce que ressent autrui. La compassion demande la plupart du temps une projection dans l'autre, sauf si on vit la même situation, et donc de l'empathie.
La compassion se ressent surtout dans les situations passives, au sujet de sentiments comme la joie ou la souffrance.
Pitié:
Sentiment de compassion. Une personne qui ressent de la pitié ne ressent pas ce que ressent autrui mais la pitié peut déboucher à l'occasion sur de la compassion. La pitié est connotée comme relative à des situations négatives car on a tout à gagner d'une compassion directe lorsque le sentiment d'autrui est positif comme la joie (avoir de la pitié pour la joie ne semble pas intéressant tandis que la pitié pour la souffrance permet une socialisation défensive).
Solidarité:
1)La solidarité se conçoit sans partage de sentiment. C'est un soutient dans une action, ou dans l'affrontement d'une situation. Une solidarité est la marque d'un lien social puissant et serré, puisqu'un respect et une confiance sont nécessaires à une action commune qui débouche sur l'accomplissement d'objectifs non communs.
2)Deux choses sont dites solidaires lorsque l'une et l'autre semblent se comporter de concert.
Fraternité:
1) Sentiment de compassion solidaire. Comme pour la pitié la fraternité ne met pas en jeu l'empathie, mais à l'inverse elle est active et permet le rapprochement plutôt que la prise de distance.
2) Envie de créer de la solidarité qui entraîne un comportement utilitaire, générant de l'ordre social, qui vise à maximiser la sérendipité de la création de nouvelles communautés de comportemens.
Spectacle:
Le spectacle est multi-communautaire: il présente à tout moment au moins deux communautés de comportements, le spectaculaire et le spectateur. Ces communautés peuvent être alternatives, mouvantes... suivant les solidarités mises en jeu.
Mise en scène:
Les comportements spectaculaires prennent sens les uns par rapport aux autres et sont coordonnés par rapport à la signification de chacun. L'ordre apparait dans la négociation entre chaque communauté à la fois spectaculaire et spectatrice, et peut être couteux sans empathie. La mise en scène peut devenir improductive puisque créatrice de comportement sans processus.
Le travail est signifiant et peut aboutir à l'innovation. Il est collaboratif et propose une croissance moyenne, la performance est élitiste.
Chorégraphie:
Les comportements spectaculaires prennent sens dans l'affrontement spectaculaire/spectateur dans la synchronisation. La solidarité échape à toute communauté c'est à dire qu'aucun individu ne poursuit d'objectif, son action étant liée à un processus. Il n'y a pas de dynamique de fraternité. Le maintien de l'ordre spectaculaire/spectateur est déllegué à une communauté tierse, ni spectatrice ni spectaculaire, et peut être couteux sans sympathie. La chorégraphie peut devenir inflationniste puisque créatrice de déséquilibre.
Le travail est alliénant et peut aboutir à la production. Il est concurrentiel et propose une croissance élitiste, la performance est moyenne.
Publié par
ropib
à l'adresse
23:21
0
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : architecture, brouillon, correspondance
La fin des certitudes
Publié par
ropib
à l'adresse
22:29
0
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : architecture, déclaration, particeps, politique

