11 août 2009

Le paysage, avenir de la nature

Il existe ici et là quelques fantasmes autour de ce début de crise que nous subissons depuis quelques temps. D'aucuns pensent qu'il est possible de se recentrer sur l'industrie, par un capitalisme plus dur, d'autres par la pureté de la morale ouvriére, toujours pour performer l'exploitation. D'autres, fatalistes, considèrent que la révolution industrielle est une parenthèse dans l'Histoire, et qu'un retour à l'agriculture est incontournable.
La seconde thèse est intéressante (la première a le mérite d'être sauvagement stupide et de pouvoir être écartée à grands renforts de rigolade) parce qu'elle essaye d'extirper les fondements profonds de nos sociétés et de leur structure. Car il est vrai que notre système social est lié au territoire, à l'amour du savoir-faire, au respect du rythme des contraintes extérieures. Mais il ne s'agit toujours pas d'écologie, plutôt de revoir à la baisse nos ambitions de production, d'exploitation. C'est l'agriculture artisanale qui est fantasmée, et donc l'artisanat, sans se rendre compte qu'il ne s'agit que d'un problème d'échelle. La densité du lien social, sa soit-disant perte et l'accusation d'individualisme qui va avec sont des tartes à la crème, débouche nécessairement vers l'industrie comme organisation collective. Et il est aisé de mesurer à quel point l'agriculture est toujours importante, mais qu'elle a été en quelques années transformée, industrialisée puis financiarisée. On se demande même quelle serait la place du travail dans ce retour à la terre et il ne faudrait pas oublier que ce n'est que très récemment que nous avons transformé l'esclavage.
Le dépassement nécessaire de l'industrie nécessite de dépasser la productivité agricole mais aussi la relation utilitaire vis-à-vis de la "nature". Passons au paysage, cette "nature" perçue comme source d'information , liée à la culture et à la pensivité, c'est à dire à une construction raisonnable de nos interdépendances, et qui permet toutes les analyses à grande échelle, tous les projets de gestion responsables. Alors bien sûr les agriculteurs riraient bien de ma naïveté du haut de leur échelle de production, sans réaliser que les pieds en sont pourris. Je ne vois que 2 limites à l'excès: la discipline (qui devra passer par la force puisque nous avons appris à fonctionner suivant des principes adverses, sans parler des coûts que cela représente) et l'esthétique, que je choisis. Un jour nous redécouvrirons les bocages, les mélanges et arrangements de cultures, sur une même terre, l'accompagnement de l'éco-système... bref, le jardin.
C'est notre seule porte de sortie. C'est pas très virile peut-être aujourd'hui, ça ne semble pas rapporter beaucoup non plus. C'est pourtant inéluctable: un jour nos champs seront tous devenus des parcs fort bien agréables et donc fort utiles.

L'éclat de la lâme d'un couteau

Depuis combien de temps flânais-je là, sur les bords du Styx, dans l'obscurité écrasante des quatre grands murs de la bibliothèque de Babel ? J'avais essayé de ne pas m'attarder, de faire un grand feu à la sortie de ma grotte, mais malgré moi, alors que je croyais m'enfuir vers un soleil haut dans le ciel, je m'étais enfoncé dans les entrailles de la Terre pour y perdre la vue, pour y perdre la raison. La seule lumière que je voyais était celle de cette petite étincelle qui ne cessait de me brûler les entrailles, de me torturer sans répit.
Les Dieux m'avaient puni comme autrefois Sisyphe et d'autres encore. Sans cesse je travaillais à faire cesser les battements trop vifs de mon coeur, sans cesse les parois de celui-ci frôlaient un arc électrique bleu qui me faisait ressentir des pulsions terribles, des émotions trop intenses.
C'est alors que perçant l'obscurité devant mes yeux, si habitués qu'il ne voyaient même plus le noir qui m'habitait, je vis la lumière d'une lanterne à travers les brumes. La lumière flottait comme par magie au-dessus de l'eau brune du fleuve tumultueux. Puis je vis une main, un bras et reconnu rapidement la silhouette haïe et chérie de la Mort, ce démon qui m'a côtoyer toute une année d'automne au début de ma jeunesse, lorsque contre toutes mes attentes naïves les bourgeons du printemps ont soudainement jauni et dépéri, lorsque le bois craqua si fort que la foudre ne descendit plus jamais sur les arbres.
Elle enleva son capuchon et je la vis plus belle encore que dans mes souvenirs, auréolée d'un scintillement sans doute causé par les larmes qui perlaient dans mes yeux. Je voulais crier le nom (ridicule) de cette Mathilde qui faisaient et défaisaient tous les fils de mes rêves adultes, mais je n'avais plus de voix depuis des années. Dans son absence elle m'avait enlevé toute humanité, toute faculté d'exprimer les caractéristiques d'un être vivant.
Elle tenait de son autre main un fil ténu, le miens.
Ce fil je l'attrape, en songeant qu'il me mènera sans doute hors de ce labyrinthe cauchemardesque que je me suis moi-même inventé. Je sais bien qu'elle va le lâcher, mais peu importe, peut-être vais-je pouvoir retrouver mon nom, après 20 ans d'une secrète absence. Et je salue au passage cette âme soeur, tantôt revenue à ma mémoire, dont je ne cesse d'observer qu'avec dédain la sérénité qu'elle m'offre, comme le mépris d'un destin trop simple, emporté dans la tempête de toutes mes peurs rassemblées.

10 avril 2009

Procrastination (toujours plus loin)

Comme je délaisse l'écriture en ce moment parce que j'ai plein de choses à faire il est tout naturel que j'ouvre encore de nouveaux blogs.

  1. Journal (absolument pas tenu) de lecture: Ma carte de Montano
  2. Journal de procrastination: Procraste

09 avril 2009

Géante

Je sentais une douce brise caresser mon corps et j'arrivais petite à petit à trouver une bonne position pour me détendre un peu et ne pas trop solliciter mes muscles des bras et des épaules. J'étais bien accroché à la corde et je pouvais voir le paysage sous moi devenir de plus en plus petit.
Nous montions doucement le long son corps, tout doucement, paisiblement, comme seule une mongolfière peut le faire. Mais je pouvais difficilement la regarder, j'étais tourné dans le mauvais sens. Tant pis, je regardais le paysage verdoyant, les bocages touffus entre des collines, toutes ces terres travaillées par la main de l'homme arrosées de rais de lumière trouant les nuages.
Je n'avais pas encore été repéré et je devais me concentrer pour agir vite au bon moment. Je devais absolument être le premier au sommet.

Alors que je commençais à grimper la corde afin de me rapprocher de la nacelle je vis une petite tête blonde apparaître de celle-ci et une expression de surprise désagréable se dessiner sur le visage de ma compétitrice. Je mis le turbo pour arriver à m'agripper à la nacelle, un peu plus et elle finissait de couper la corde, m'envoyant m'écraser loin là-bas sur le sol. J'arrivais à me hisser à bord en faisant tanguer dangereusement notre engin, mon ennemie de circonstance, que je ne pensais pas être capable d'une telle sauvagerie, m'attaquait déjà avec un couteau. Occupée dans son désir d'éliminer toute concurrence elle en oubliait son objectif principal et la mongolfière commençait désormais à s'éloigner. Je profitai d'un moment d'inattention pour me jeter de la nacelle et atterrir au sommet du crâne de la belle captive, non sans devoir m'agripper à ses cheveux noirs et raides pour ne pas glisser tout en bas.

Sa chevelure sentait la vanille et j'avais toujours plus envie de la prendre dans mes bras, de l'embrasser. Mais pour l'instant la situation ne s'y prêtait guère. Je regardais la mongolfière continuer son chemin, des petits cris énervés s'en échappant ettoufés par des sanglots. Le soleil m'éclaira et je pu apercevoir enfin la chaîne en or au bout de laquelle une toute petite clé tintait joyeusement. Je la saisis en démêlant soigneusement les cheveux qui l'entravaient. Je pris une longue mèche et m'avançais précautionneusement  vers le haut du front de ma princesse que j'allais enfin libérer. Bien accroché je commençais à descendre en rappel en découvrant les jolis traits de celle qui ne savait pas encore que j'allais être son sauveur. Et je sentais l'angoisse monter dans mon ventre: peut-être n'allait-elle pas me reconnaître, peut-être n'allait-elle pas se soucier de moi, peut-être qu'aucun prince ne pouvait la séduire, tout charmant que j'essayais d'être.

Tout à coup je glissais de son nez bien droit (d'aussi près je pouvais voir quelques détails moins jolis qu'une vue macrospique permet d'avoir, mais je n'y prêtais aucune attention, je pressentais que j'allais découvrir un formidable trésor) pour me balancer devant son oeil encore fermé. J'avais conscience d'avoir à préférer ne pas regarder en bas depuis cette altitude mais mon regard tombait directement dans son décolleté et j'aimais contempler cette peau ambrée qui semblait si douce, j'étais même tenté de m'y laisser sombrer. A mon poignet la chaîne faisait tourner la clé d'or dans tous les sens si bien qu'un reflet vint bientôt se dessiner par hasard sur la paupière de ma belle au bois dormant. Je pu sentir une soudaine respiration secouer son formidable corps, une fine humidité apparu sous sa paupière supérieure et l'oeil commença à s'ouvrir devant moi. C'était un oeil peut-être grand comme 5 hommes, d'une couleur d'émeraude dans lequel j'allais me noyer. Un flash de lumière m'aveugla.

Je m'éveillai sur le flan blanc d'une montagne enneigée. J'étais littéralement glacé, incapable du moindre geste, rigide comme du bois. En fait j'étais en bois, en pièces usinées en chêne, et non polies. Une sorte de sculpture contemporaine en plusieurs volumes détachés et qui formaient ou non mon image suivant le point de vue adopté par d'hypothétiques spectateurs. Existe-t-il pour moi aussi une clé libératrice au bout d'une chaînette ?

04 avril 2009

Premier contact

John Smith rentra dans mon bureau.
- Installez-vous John, on n'en a pas pour longtemps: Marcus m'a fait un topo.
Je n'aime pas les gens qui s'appellent Smith, encore moins les John. Celui-là était un agent du gouvernement et ça me déplaisait encore plus.
- J'ai reçu des informations de la zone Equateur 1, les choses y sont de plus en plus étranges. L'agence spatiale nous dit que tout est normal au niveau gravitationnel mais que les dérèglements de la houle mettent en relief des modifications qui passent inaperçus à notre échelle.
Je regardais l'agent du coin de l'oeil. Ce type avait dû avoir l'air mourant toute sa vie. Nom de dieu il me mettait mal à l'aise, j'aurais du l'envoyer lui aussi dans la zone E1, il aurait pris des couleur. Je lui parlais de la fin du monde et il restait de marbre, pesant à peine sur son fauteuil. S'il n'était pas agent du bureau je l'aurais mis en taule avant de vérifier s'il n'était pas un tueur psychopathe.
-Vous en pensez quoi ? lui demandai-je, à cours de patience pour que ce gars prenne la parole de lui-même. Il se passe quoi dans notre pays à nous ? insistai-je en me demandant s'il avait écouté, s'il était au courant de son rôle dans cette histoire.
Au bout d'un temps, alors que je voyais Bill arriver derrière la porte, je me suis demandé s'il n'était pas finalement mort en face de moi, à l'instant. Je commençais presque à être soulagé mais cet idiot respira pour me détromper.
- Allez-y maintenant, c'est à vous de parler.
-Ok, fit-il. Au niveau médical nous avons une recrudescence de malaises. Ca ressemble à du mal de mer. Il n'y a pas de problème à ce niveau.
- Mais... ? lui demandai-je pour le relancer, après avoir éviter de bouffer mon bureau.
- Je m'interroge, me dit-il. Nous avons lancé de multiples sondages et les résultats ne sont pas habituels.
- Vous pensez à une manipulation de l'opinion ? S'il y a un risque politique il faut lancer une opération. Nos agents du moyen-orient nous ont informé qu'il se préparait quelque chose en réaction avec notre phénomène. Josh m'a dit que les groupuscules religieux de notre pays étaient en train de s'armer mais n'avaient aucune réflexion idéologique ou politique et que ça devrait nous laisser du temps. Mais il m'est d'avis...
- Non, m'interrompit-il, ce n'est pas ça. Nous ne trouvons rien au niveau politique justement, ou en tous cas pas pour l'instant.
- Pas de problème alors, lui dis-je, perdant patience.
- Au début nous avons effectué les campagnes habituelles: questions, réponses ; sur des panels habituels. Jane me signala des incohérences en trop grand nombre, comme si les gens n'arrivaient plus à répondre de manière rationnelle. Nous avons contacté quelques écoles, de différents milieux, de différents états.
- Ca c'est une bonne idée John ! lui dis-je, impressionné par une soudaine prise de risque de sa part.
- Et bien pareil.
J'essayais d'élaborer un plan de marche pour mettre en place de nouveaux instruments de mesure. John m'empêcha d'aller plus avant.
- Nous ne nous sommes pas arrêtés là et nous avons mis au point des sondages avec des questions ouvertes. Le résultat est que nous constatons une modification linguistique.
- C... Comment ça ? ettoufai-je en dissimulant mon rire.
- Une évolution syntaxique et phonétique... nous avons fait aussi des interviews. C'est un peu comme si tout le pays changeait d'accent et inventait un nouveau dialecte. Nous en sommes là mais le professeur Orelia Bostanova, que nous avons missionné sur l'affaire, a détecté des évolutions grammaticales très fines et pour l'intant restreintes.
- Je... je ne comprends pas, balbutiai-je. Quel est le rapport avec la... avec cette chose, ce phénomène...
- Vous alliez dire quelque chose de pertinent chef, vous alliez dire le mot, ce mot que nous retrouvons partout désormais et qui ne vient de nulle-part. J'ai contacté quelques anciennes connaissances à l'étranger, cette apparition est mondiale. J'ai contacté des professeurs d'université, ils connaissaient ce mot, ils l'utilisent même couramment désormais, mais quand je leur ai demandé s'il était d'origine étrangère, quelle était son étymologie, si il était utilisé il y a six mois ils se sont rendus compte qu'il y avait un problème. Vous alliez dire quoi chef ? Vous vouliez parler de notre nouvelle lune, mais vous alliez lui donner un autre nom n'est-ce pas ?

26 mars 2009

Roll'Back Week-End


En ce moment les Roll'Back Week-end sont en tournée internationale des villes de seconde catégorie (Second Class European Tour). J'en ai donc profité pour aller les voir le week-end dernier au stadium de Toulouse, et je n'ai pas été déçu. Ils venaient tout droit de Valence avant de s'envoler vers Bologne, Stuttgart, Groninge...
Les Roll'Back Week-end, pour rappel, c'est ce groupe de trois ingénieurs-musiciens-compositeurs de la scène (américaine?) plus ou moins underground qui ont inventé le Roll'Back, sorte de musique expérimentale rock ou électro (le deux on va dire mais bon, c'est autre chose) qu'on pourrait dire synphonique (j'y reviendrai). Il est composé de Joe Chip, Arpy Bo et Nikos B., des anciens de la mouvance pour (vieux) ados des 2Tree2, et est produit par la maison de disque Agora sous son propre label RBWE Systems (qui est en gros le label dédié au Roll'Back chez le mastodonte de la production musicale).

Certains disent que le Roll'Back est un peu simple, notamment du point de vue technique, et qu'une telle démonstration de puissance est disproportionnée, surtout quand la technologie est de la partie. Il faut dire que les orchestres des Roll'Back Week-End sont composés la plupart du temps d'une -petite- cinquantaine d'interprètes et que pour certains instruments ce nombre semble disproportonné. L'utilisation de 20 guitares électriques est particulièrement discutée par exemple.
Il reste que sur scène la machine est impressionnante même si le spectacle proposé est plus proche du concert de musique classique que celui d'un quatuor d'artistes rock tentant le charisme chorégraphique.
Je ne connaissais que très peu et je ne les avais jamais vus, comme sans doute beaucoup d'autres spectateurs, aussi en arrivant je ne les ai pas reconnus avec leurs chemises à fleurs, assis au fond de la scène devant des portables. Je croyais qu'il s'agissait de simples ingénieurs faisant les derniers réglages accoustiques. Déjà je ne pensais pas qu'ils n'étaient que trois vu que l'orchestre est composé de 50 personnes (en gros)... Enfin au début il semblait ne pas y avoir de musique et les gens commençaient simplement à trouver les meilleurs places, à se retrouver entre potes, à s'amuser entre eux. Je remarquais que certains, arborant des T-shirts Roll'Back Week-End et manifestement des connaisseurs, étaient particulièrement bruyants et avaient des comportements un peu étranges. Malgré l'impatience de bon nombre d'entre nous, l'attente du spectateur, le brouhahas montait de manière assez continue. Tout à coup les lumières s'éteignirent, le brouhahas doubla de volume, les voix et bruits d'ambiance s'entremêlèrent en mailles serrées jusqu'à trouver un certain équilibre rythmique et accoustique... tout le monde s'était tû, le bruit humain était devenu musique.
La première impression était donc saisissante et on ne regrettait pas d'avoir dû attendre plutôt que de subir une première partie, quand bien même talentueuse, de musique industrielle comme c'est trop souvent le cas (selon moi évidemment, ceux qui m'accompagnaient auraient préféré une première partie). Avec l'arrivée des musiciens la musique pris plus de puissance en suivant telle ou telle variation ou plutôt telle ou telle superposition de discours (Joe Chip parle de "blaireau qui veut en imposer"). Après cette première partie forcément très expérimentale, peut-être à la limite de la musique contemporaine en plus light, la musique est beaucoup plus légère et ressemble plus aux morceaux qu'on peut retrouver sur internet. C'est sympathique avec tout le temps des happenings visuels pour soutenir la construction mélodique et faire interagir le public: on est loin d'être chez soi à écouter sagement un disque ou face à un orchestre d'autistes... en fait ça danse pas mal dans les travées, bref il faut y aller pour comprendre ce que je raconte.

Il y a évidemment la musique en elle-même, du Roll'Back léger et rythmé (Arpy Bo dit "Roll'back teletubies", Nikos B. a carrément parlé de "Roll'Back yéyé" dans un interview mais je pense qu'il faisait une provocation envers le public français). Je ne m'y connais pas beaucoup donc j'invite les experts mélomanes à aller directement écouter des morceaux sur deezer, jiwa ou d'autres. A ce que j'ai entendu jusqu'à maintenant c'est le meilleur son du Roll'Back, avec les londoniens de Walker-Tuscan-Citizen (qu'ils produisent d'ailleurs je crois) mais que je trouve un peu dépressif et surtout moins originaux (ils jouent à 5, c'est limite du pop-rock), et surtout très dansant. Ce que j'apprécie surtout c'est leur capacité à mettre du rythme sous forme de pulsations sans le marquer par une quelconque percussion.
Le Roll'Back au départ est sensé être basé sur des phrases de langue naturelle en en démêlant les vocalises pour isoler des mélodies, quelque chose du genre, tout en retraduisant les inflexions et, comme je le disais précédemment, le rythme. Arpy Bo explique d'ailleurs que c'est le sens du nom "Roll'Back", comme une volonté de re-protéiformer le langage (j'ai essayer de coller au néologisme anglais utilisé), et que la juxtaposition "Week-end" permettrait une mise en abîme de la double articulation à un niveau syntaxique mais aussi sémantique au niveau temporel ("ce qui est toujours intéressant quand on fait de la musique, parce qu'on travaille sur la notion de durée" dit-il)... :s.
A part l'explication par prise de tête d'Arpy Bo (peut-être humoristique, mais il a pas l'air de rigoler), Nikos B. raconte qu'il ne s'agit que d'une blague, de l'envie de rester en week-end, et que cela explique pourquoi ils portent des westons et des chemises hawaïennes: pour le contraste (je crois que Joe Chip a toujours préféré mettre en oeuvre la prise de congé au moment de ce genre de questions des journalistes)... avant de faire des simili jeux de mots prise de tête lui aussi. Apparemment c'est un peu l'humour du groupe qui avait besoin de se "détendre" après leur expérience au sein des 2Tree2 (qui leur a quand-même ouvert des portes puisque depuis Nikos B. apparait dans quelques films avec Adam Sandler, Joe Chip fait les chorégraphies de Beyonce et d'autres, et Arpy Bo s'est marié avec Jennifer Lopez qu'il a rencontrée à la Star-Ac américaine).

Pour conclure je dirais que l'expérience était plutôt intéressante et que j'irai sans doute les voir à Darwin à l'occasion de mon voyage en Australie pour les Nobody Days, peut-être le jeudi pour assister à du Story-live (il y avait des jazzmen qui en faisaient l'année dernière pour la fête de la musique sur la place Arnaud Bernard, et c'était pas mal, à 50 je me demande ce que ça peut donner).

20 mars 2009

A nos actes marqués

Ce matin j'écoutais, par hasard, jamais je ne le ferais par volonté propre, une chanson de Jean-Jaques Goldmann avec des amis à lui: "A nos actes manqués" (en réalité il y en a bien quelques unes de JJG que j'aime bien, mais sans plus). Il s'agit d'une chanson dont ni les paroles ni la musique ne cassent des briquettes mais qui aborde un sujet original et avec un ton appréciable puisqu'il propose de célébrer des actions dont elle pourraient être considérées comme des échecs au moins partiels.
Je pense qu'il y aurait encore bien plus à dire sur les actes totalement assumés, qu'on recommencerait même volontiers, et qui aboutissent à des situations difficiles à vivre voire même des échecs pour toute personne extérieure. Il ne s'agit pas du tout d'actes manqués, pas vraiment des actes réussis non plus mais plutôt des actes signifiants. Ils mettent en relief les diverses articulations entre de nombreux objectifs poursuivis, parfois des contradictions ou des imprécisions hasardeuses voire même l'accident et l'adaptation.
La dynamique amoureuse foisonne de successions de tels actes et c'est pour cette raison qu'elle est intéressante aussi intéllectuellement, parce qu'elle met en scène de nombreux actes particulièrement signifiants et qu'elle est porteuse de nombreux objectifs complexes. Mais elle n'est pas la seule à pouvoir être analysée. Dans mon précédent article je parlais d'une expérience amoureuse malheureuse (pas du tout plus signifiante qu'une expérience heureuse, simplement plus facile à désigner comme problématique) dont la dimension heureuse était inexprimée et qui avait conditionné l'impossibilité d'une rencontre en rendant invisible toute sa dimension positive pourtant promise mais aussi dénuée à coup sûr de la dimension négative de la première. En fait sans rencontre la relation sociale est sans dimension, ce qui n'est pas surprenant. Pour autant la dynamique amoureuse étant explicitement dépendante d'autrui le caractère fortement identitaire de nos choix, de nos actes, est difficilement visible.
D'autres situations mettent en relief la marque d'une identité indéniable quand bien même la volonté serait flottante, subconsciente, voire absente (comme une accumulation hasardeuse d'attitudes encline à devenir système, parfois sans jamais y parvenir vraiment). Il y aurait une multitude d'exemples à donner comme le fait, ou non, de demander dans un restaurant un nouveau plat quand celui qu'on vous amène ne correspond pas à vos attentes ou même de refuser de payer... situation rencontrée par tout le monde, peut-être plusieurs fois, souvent vécue de manière différente mais dont la réaction,à force, peut dénoter d'un trait de caractère. On pourrait parler de psychologie, tout bêtement, en considérant que le sujet agit de manière non écologique: un acte serait jeté, instantanément, dans un monde réel objectif et le plaisir qui en résulte en donnerait toute mesure ; faisant dominer l'intériorité, l'introspection, par une forme altérée de la loi du marché ou l'individu solitaire serait capable d'être un système économique complet, et donc l'acte, à dimension sociale, un déchet. Il s'agirait là de troubles graves de la personnalité, quand bien-même certaines personnalités médiatiques, voire célébrées, en souffrirait. Tout se passe comme si, et là-dessus la psychanalyse ne se fourvoie pas, nous donnions une valeur aux actes sans en mesurer les conséquences. Si le sexe a comme conséquence potentielle de donner la vie il n'est pas nécessairement instantané et peut apporter du plaisir, en soi, au sein d'une durée. Et ce plaisir rentre en concurrence avec celui propre à la séduction d'une autre durée. Des collaborations peuvent s'instaurer entre diverses attitudes, au sein d'une identité qu'on pourrait alors considérer comme un écosystème, mais ce n'est pas toujours le cas et il n'est pas rare que des phénomènes de rupture apparaissent.

Il serait dommage d'en déduire qu'il n'existe pas d'échec, ou d'acte manqué comme une résurgence d'une volonté qui échapperait à notre conscience. Il faut par contre comprendre comment ce qui apparaît comme un échec peut parfois être revendiqué ou, même quand il est au contraire subi avec frustration ou souffrance, si systématique qu'il faut le considérer comme signe. La psychanalyse propose une approche médicale personnalisée et un contrepoint à de nombreuses philosophies. Il s'agit pour moi de considérer comment l'identité est une articulation entre société et l'individu et de proposer l'acte inefficace (anefficace ?) comme marque de la multitude d'adhérences sociales de la concurrence des processus cognitifs... et je t'accorde même, cher lecteur, que cette dernière phrase, impossible, en est un bel exemple.

13 février 2009

Ce paysage qui défile

Ce matin j'écoutais à la radio un scientifique fasciné par le langage parfois jusqu'à l'obsession. Son discours était très intéressant malgré quelques divagations sur les anagrammes (Albert Einstein devenant par exemple "Rien n'est établi", hasard peu signifiant même s'il est chanceux) ou d'autres jeux de langue. Pourtant au détour de sa volonté de démontrer que la science était en concurrence avec le sens commun il s'est retrouvé à parler du temps qui passe et du paysage qui défile comme des impressions erronnées.
Pourtant dans ces deux expressions nous pourrions y trouver la référence à Albert Einstein, ou plutôt au principe suivant lequel rien ne serait établi, ce qui en soit n'est déjà pas si mal et remet à sa juste place tout le lourd héritage déterministe dont il est si difficile de se débarasser.

Le paysage défile et il est évidemment commode dans un rapport social de lui préférer la problématique du mouvement des corps, les uns par rapport aux autres, et du choix d'un référentiel. Il est une vérité que nous sommes attachés à la Terre, véritable référentiel du discours à mots couverts. Dans le rapport vécu au monde, cet autre rapport à la vérité, ce petit fait n'a pas beaucoup d'importance.
Nous y décrivons parfaitement le mouvement des choses et c'est très bien. Mais qu'aprenons-nous sur le paysage ? Pourrions-nous utiliser le mot Terre ou un autre à la place ? L'erreur de ce monsieur c'est d'oublier qu'aucun voyageur dans son train, regardant par la fenêtre, ne se dit qu'un référentiel est en train de défiler devant ses yeux. Si il préfère le mot paysage ce n'est pas pour rien et, en l'occurrence, je propose qu'il désigne ce qui défile justement. Il est pourtant possible d'admirer un paysage sans bouger pourrait-on arguer. Mais plutôt que de conclure de cet apparante incohérence qu'il s'agit de deux choses différentes, que la langue se trompe, je préfère mettre en relief la différence entre bouger et défiler.
Un paysage peut-il défiler sans bouger ? Mais oui ! Puisque je dis que c'est dans la nature du paysage de défiler. C'est à dire qu'un paysage fixe défile, au contraire d'une photo, ou d'une toute autre représentation du paysage fixe: le spectateur sait d'ailleurs parfaitement faire la différence.

Le paysage défile, comme un fil d'une bobine qui fait aparaître et disparaître des univers monodimensionnels superposés. Un fil enroulé qui possède des couleurs différentes à ses deux extrémités ne change pas de couleur à mesure qu'on le déroule (ou qu'on peut deviner entre les fibres quand on ne le déroule pas), mais il existe quelque chose englobant la couleur qui défile devant le spectateur associal, cet "homme-vrai", référentiel fixe à tout rapport culturel. Ce quelque chose c'est le paysage ; un paysage un peu restreint, celui du fil, mais aussi tout un univers qui peut se dérouler entre ses doigts ou sous les rails d'un train imaginaire l'emportant tout autour de celle-ci comme tout autour de la Terre, tout autour de la mer, tout autour du soleil, de la lune et des étoiles, sans interruption et à tout jamais.
Dans la réalité il est possible que le bonhomme soit fixe sur Terre et tienne une bobine de fil qu'il faudrait dérouler pour vérifier si elle possède plusieurs couleurs. Certes. Mais alors que dire de ce train que ni moi, auditeur, ni le monsieur qui parlait ne prenions à cet instant ? Comment se fait-il que quand il a parlé de paysage défilant j'ai compris "paysage défilant" plutôt que de système physique ? Sa démonstration de l'erreur du sens commun par rapport à la science est basée sur une arnaque. Imaginons un corps en mouvement par rapport à un ensemble de corps immobiles les uns par rapports aux autres, même pour le sens commun rien ne défile.

Le paysage défile et ne représente d'ailleurs aucun intérêt à l'étude mécanique de la réalité comme le hot-dog ne permet pas plus la résolution d'une équation lorsqu'il est assaisonné de moutarde plutôt que de ketchup même si pour le mathématicien du moment, car il est homme-vrai aussi, ça veut dire beaucoup.

07 janvier 2009

RCK7: une tentative de chronologie

Il y a un moment maintenant j'ai écrit 2 articles reprenant des passages importants des prémisses de l'avènement du Dieu fusionné: champ 47 et champ 52
La construction du mythe est un peu fastidieuse (heureusement que d'autres très connus ont déjà écrit ou filmé le début, sinon on n'y arrivera jamais) et si j'ai à ma disposition, a priori, tous les fragments du texte original ainsi que les éléments pour les mettre en ordre et restituer à peu près correctement le récit, je suis un peu fainéant. Aussi je m'autorise à vous faire part, plutôt, de ce petit travail d'archéologue que j'ai fait sur notre époque qui, c'est ma théorie, est à l'origine du mythe. On verra si ça me donne du coeur à l'ouvrage pour le reste.


1905: RCK7 fromente une révolution, ratée (prévu) et éteinte dans le sang -> pour quelques groupes clandestins il s'agit de l'année 1 de la lutte
1917: RCK7 fédère les groupes révolutionnaires, il en résulte une révolution réussie, pleine de joyeuse utopie -> le calendrier officiel choisi marque alors l'année 100
1930: Eclate cette année-là une contre-révolution préparée en secret par le groupe RCK7. Pour des raisons idéologiques des plus malsaines le calendrier est à nouveau modifié pour indiquer la date de 1543 mais la résistance garde l'ancien calendrier tout en le remettant à jour, c'est l'année 130
1933: Le régime contre-révolutionnaire, comme on pouvait s'en douter se transforme en dictature. Finsternis, pion placé là par le groupe RCK7, instaure un régime qui doit durer des siècles et il décrète l'année 0
1939 (1941): Une guerre terrible éclate et embrase le monde. RCK7 prend le parti adverse et met en avant la figure d'Anastasia Bourbaki, bientôt emblématique
1944 (1950): La guerre est gagnée, Finsternis a perdu et est exécuté rapidement dans des circonstances inconnues. RCK7 refuse le pouvoir mais insufle l'esprit du système politique instauré. Malgré les bonnes intentions c'est la politique d'avant 1905 qui retrouve le premier plan, mais en coulisse RCK7 commence a avoir plus de pouvoir.
1968 (1960): En 1968 un vent de rébellion souffle à travers le monde, principalement grâce à la dynamique de la jeunesse étudiante bien préparée idéologiquement par les mouvements bourbachiques d'Anastasia, et donc, en sous-main, par le groupe RCK7. Le système persiste mais est libéralisé et permet un certain renouveau. C'est à cette période que RCK7 rend publique l'anneau comme source d'énergie.
1989 (1985): RCK7 prend de plus en plus d'importance financièrement grâce à son anneau. Personne n'arrive à en perser le mystère. Petit à petit certains membres accèdent, dans le secret, à des fonctions gouvernementales. De plus la révolution ratée de 1968 permet la mise en place d'une sorte de caste, dominante, une oligarchie, qui détermine la politique mondiale sous couvert d'anonymat.
2007 (2002): Alexis Bourbaki, frère d'Anastasia, accède au pouvoir malgré tous ses détracteurs en centralisant les moyens de communication et sous couvert d'un plébiscite démocratique fabriqué de toute pièce. Il continue le spectacle mis en place avant lui tout en donnant par derrière les rennes du pouvoir au groupe RCK7 qui manoeuvre dans l'ombre. Un certain Bandek Atr' apparaît en arrière plan et prépare un coup d'état, il s'avèrera par la suite qu'il s'agit d'Alexis Bourbaki lui-même
2012 (2015): Alexis Bourbaki met en place une dictature qui, malgré le travail de résistants qui oeuvre pour Anastasia (et donc piloté par le groupe RCK7 lui-même) et les groupes de 1905, quelque peu désabusés après les divers détournements politiques et un peu embrouillés dans leur histoire à cause des manipulations de calendrier. Bientôt Anastasia sera la seule figure de la résistance.
2040-2050 (~2070-3000): Renversement de la dictature qui dure 10 ans (ou 30 ans) et retour à la situation de 1989-1905 avec une oligarchie très dominante. On peut parler d'un système plus ou moins féodal au-dessus duquel le groupe RCK7 règne cette fois-ci en maître légitimé par le peuple. Le régime, qui se veut universel, se positionne alors en l'année 32100
2055: Apparition inattendue du dieu guerrier: jusqu'ici le groupe RCK7 avait tout prévu et contrôlait le monde avec son anneau. J'expliquerai plus tard ce qu'il est devenu et ce qu'il est réellement.
2058: Victoire totale du dieu guerrier et retraite du dieu désormais fusionné, RCK7 n'existe plus et n'a d'ailleurs plus de raison d'être


Problèmes de datation et incohérences (potentielles) sur certains faits avérés et vérifiables:
  • RCK7 a été créé en 1995 et n'existait pas avant
  • La première Nune est due à un accident ayant eu lieu en 2089
  • La première formication (colonisation d'autres systèmes solaires) est partie 2 ans après mais elle n'a abouti qu'un millier d'années plus tard
  • Anastasia Bourbaki est née en 2005 et Alexis Bourbaki en 2007
  • Anastasia Bourbaki a participé aux prémisses de la conceptualisation des nunes
  • Alexis Bourbaki a eu le pouvoir sur plusieurs nunes
  • Alexis Bourbaki faisait partie des fondateurs de RCK7
  • Nicolas Bourbaki (père d'Anastasia et Nicolas), né en1935,  a travaillé à l'élaboration du premier anneau
  • Alexis Bourbaki a déconnecté toutes les nunes en 32560
  • Alexis Bourbaki a empêché la connexion des nunes de 2007 à 2089
  • L'anneau a été créé en 2009 par le groupe RCK7
  • La destruction du deuxième anneau a été la cause de l'accident de 2089
  • La révolution de 1905 a eu lieu après la création du premier anneau
  • Lorsque Finsternis prend le pouvoir l'idée de nune n'existait pas
  • Finsternis a utilisé l'anneau au moins 2 fois pendant la guerre
  • Il ne peut exister qu'un seul anneau dans l'univers

Quelques hypothèses drôlatiques connues et cohérentes, dont la véracité douteuse est indécidable en l'état actuel de nos connaissances:
  • RCK7 est un petit groupe de personnes qui n'a existé que quelques jours en 1995
  • Anastasia Bourbaki était un groupe à peine plus important de personnes et n'a aucun rapport avec RCK7 ou Nicolas Bourbaki et Alexis Bourbaki n'a jamais existé que dans l'imagination d'un de ses membres
  • Le groupe SOME-trust a construit un bâtiment en forme de double-anneau longtemps après les années 2000 appelé le Soro's Building qui est à l'origine du mythe de l'anneau, il  existe encore aujourd'hui et peut être contemplé sur Terre
  • Aucune nune ne peut être déconnectée
  • L'avènement de la première nune marque la fin de l'humanité
  • La nune a été utilisée pour construire le Soro's Building et non l'inverse
  • L'Histoire commence le 9 septembre 1999 et la préhistoire se termine de manière imprécise après les années 2000
  • Conformément au calendrier universel nous serions, à l'heure où j'écris ces lignes, en 2009 et la majeur partie des évènements qui sont à l'origine de ce mythe n'ont pas encore eu lieu (ce dernier point, évident puisqu'il s'agit de préhistoire, donne indûment des accents de véridicité à l'hypothèse calendaire)
  • Certaines personnes ayant beaucoup de pouvoir en 2009, aujourd'hui donc, ont peur de la fin de la préhistoire et font tout pour qu'elle n'arrive jamais
  • Aucun dieu (dénomination servant à la désignation d'entités super-viriles dans toutes les cosmogonies préhistoriques) n'a jamais existé et n'existera jamais (à noter qu'il s'agit justement des premières paroles du Dieu fusionné dans le mythe étudié mais je n'ai pas encore réussi à en trouver l'origine)
  • L'idée d'oligarchie est une allégorie de la belle ville de Santa-Cerza del Talleone
  • La pétapole Santa-Cerza del Taleone était un petit hameau des charentes-maritimes durant toute la préhistoire (nous y reviendrons dans une étude spécifique sur l'oeuf dur vertical, la baguette de pain de blé et le respect de la convivialité)

11 décembre 2008

Pathos

Encore un brouillon... c'est à rapprocher de loin en loin de mon idisme autour duquel je tourne encore et encore. Je pense que je ne suis pas loin de quelque chose à ce niveau, et surtout d'y trouver un intérêt autre que purement intellectuel. Bientôt un schémas...
En attendant ce brouillon que j'ai écrit il y a un moment mais que je crois pertinent aujourd'hui même s'il y a des choses que je trouve discutables. Disons que l'intention était là.

Empathie:
Capacité à la sympathie ou à l'antipathie. Une personne empathique sympathise souvent avec les autres et démontre aussi de la compassion. Il s'agit d'une capacité à se projeter dans l'autre et sa reconnaissance. L'empathie permet surtout une dynamique de consolidation de liens sociaux.

Sympathie:
Le sentiment de sympathie est une envie de créer du lien social. Ce sentiment n'est pas forcément réciproque.
1)Une personne sympathique est une personne qui évoque le sentiment de sympathie chez les autres. Il a un comportement sympathique, c'est à dire qu'il produit un certain nombre d'aspérités dans l'espace social sur lesquels il est possible aux autres de créer du lien. Il s'agit donc d'un comportement utilitaire, générant du désordre, qui vise à maximiser la sérendipité de la création de nouveaux liens sociaux.
2)Une personne qui sympathise beaucoup est aussi une personne sympathique. Souvent elle présente beaucoup d'empathie pour reconnaître les comportements d'autrui susceptibles d'entraîner des situations dans lesquelles il est possible de tisser du lien social.

Sociabilité:
Multiplicité de liens sociaux. Il est possible de créer de nombreux liens sociaux (sympathie) ou de capitaliser sur les existants (empathie) pour être sociable.

Compassion:
Faculté de ressentir ce que ressent autrui. La compassion demande la plupart du temps une projection dans l'autre, sauf si on vit la même situation, et donc de l'empathie.
La compassion se ressent surtout dans les situations passives, au sujet de sentiments comme la joie ou la souffrance.

Pitié:
Sentiment de compassion. Une personne qui ressent de la pitié ne ressent pas ce que ressent autrui mais la pitié peut déboucher à l'occasion sur de la compassion. La pitié est connotée comme relative à des situations négatives car on a tout à gagner d'une compassion directe lorsque le sentiment d'autrui est positif comme la joie (avoir de la pitié pour la joie ne semble pas intéressant tandis que la pitié pour la souffrance permet une socialisation défensive).

Solidarité:
1)La solidarité se conçoit sans partage de sentiment. C'est un soutient dans une action, ou dans l'affrontement d'une situation. Une solidarité est la marque d'un lien social puissant et serré, puisqu'un respect et une confiance sont nécessaires à une action commune qui débouche sur l'accomplissement d'objectifs non communs.
2)Deux choses sont dites solidaires lorsque l'une et l'autre semblent se comporter de concert.

Fraternité:
1) Sentiment de compassion solidaire. Comme pour la pitié la fraternité ne met pas en jeu l'empathie, mais à l'inverse elle est active et permet le rapprochement plutôt que la prise de distance.
2) Envie de créer de la solidarité qui entraîne un comportement utilitaire, générant de l'ordre social, qui vise à maximiser la sérendipité de la création de nouvelles communautés de comportemens.

Spectacle:
Le spectacle est multi-communautaire: il présente à tout moment au moins deux communautés de comportements, le spectaculaire et le spectateur. Ces communautés peuvent être alternatives, mouvantes... suivant les solidarités mises en jeu.

Mise en scène:
Les comportements spectaculaires prennent sens les uns par rapport aux autres et sont coordonnés par rapport à la signification de chacun. L'ordre apparait dans la négociation entre chaque communauté à la fois spectaculaire et spectatrice, et peut être couteux sans empathie. La mise en scène peut devenir improductive puisque créatrice de comportement sans processus.
Le travail est signifiant et peut aboutir à l'innovation. Il est collaboratif et propose une croissance moyenne, la performance est élitiste.

Chorégraphie:
Les comportements spectaculaires prennent sens dans l'affrontement spectaculaire/spectateur dans la synchronisation. La solidarité échape à toute communauté c'est à dire qu'aucun individu ne poursuit d'objectif, son action étant liée à un processus. Il n'y a pas de dynamique de fraternité. Le maintien de l'ordre spectaculaire/spectateur est déllegué à une communauté tierse, ni spectatrice ni spectaculaire, et peut être couteux sans sympathie. La chorégraphie peut devenir inflationniste puisque créatrice de déséquilibre.
Le travail est alliénant et peut aboutir à la production. Il est concurrentiel et propose une croissance élitiste, la performance est moyenne.