16 avril 2006

Malaise

Boulevard Richard Lenoir.
Il fait beau, il n'y a pas trop de voitures et c'est agréable de rentrer chez moi de la sorte ... je sais que je n'aurai pas de nouvelle aujourd'hui.
Devant moi un homme promène son chien. De l'autre côté du boulevard une femme et sa mère, à première vue, promènent leur chienne. Comme chacun sait les personnes ayant un chien se parlent. Ils aimeraient même bien pouvoir aboyer pour pouvoir s'adresser directement au chien de l'autre attendu que l'humain ne les intéresse pas. Il s'ensuit donc un dialogue des plus restreint.
Nous sommes au printemps, le chien se met en arrêt devant la chienne, la laisse de son maître tendue au maximum.

La scène qui se joue alors devient insoutenable. Mais que dire ? Que faire ? Rien d'illégal, rien de condamnable : la sauvagerie humaine quotidienne, ammorale.
La vielle se met elle aussi en arrêt, dans une attitude inexpressive grotesque :
"Tiens ton chien"
-"Tu m'as déjà vu ne pas le tenir ?"
Et le chien de tendre la laisse, la femme et sa chienne de batifoler l'air de rien mais jaugeant chacune leur interlocuteur, la vielle, grotesque, et l'homme, tenant son chien, fier de sa puissance.

1 commentaires:

ropib a dit…

Bon c'est nul de mettre un commentaire à son propre texte mais en relisant je me suis dit que "l'humain ne les intéresse pas" n'est sans doute pas vrai.
En effet ce qui pose problème dans la communication humaine c'est la complexité de ce que l'on peut faire passer ou non par le langage.
Aussi les possesseurs de chiens aimeraient aboyer avec les chiens, certes, mais aussi entre eux. D'ailleurs leur conversation serait aisément traduisible vu leur pauvreté.