11 mars 2007

Structure pornographique

  1. Le dominant
  2. Le dominé
  3. Le tiers vacant
Ces différents types peuvent être distribués à plusieurs personnages. Le narrateur peut être dominant, dominé ou tiers vacant. Pour autant un narrateur tout extérieur, c'est à dire même pas tiers vacant, renvoie le lecteur dans une position elle aussi extérieure et ce n'est plus de la pornographie. Dans une histoire à épisodes la redistribution des rôles est possible mais elle nécessite une coupure franche.

  • Le dominant, sorte de sociopathe, agit de manière égale avec tous. Il force, toujours, aussi bien l'admiration que le succès professionnel ou l'acte sexuel. Il manipule d'ailleurs tous les fétiches (argent, pouvoir... etc.), peut aussi en déclarer certains comme non pertinents s'il s'agit d'un viol (qui ne marque donc pas un acte sexuel non souhaité mais la réfutation d'un signe social de domination). Aucune psychologie chez lui puisqu'il personnifie la transgression.
  • Le dominé de son côté est pleinement intégré à la société et interagit normalement. Tout d'abord surpris par l'interaction avec le dominant il s'y retrouve au final et organise sa propre domination. C'est ce personnage là qui va bénéficier de l'analyse psychologique la plus poussée.
  • Le tiers vacant c'est le reste du monde: celui qui n'interagit pas avec eux sexuellement. Sa vacuité est mise en relief par le personnage dominé. Celle-ci peut prendre plusieurs formes et son existence même est remise en cause. Sans lui la transgression du dominant ne peut pas véritablement prendre place.

L'action se situe dans un cadre social qui se modifie de manière chronologique. Au début les intervenants sont mis dans un cadre social tout à fait habituel. La référence à un ordre supérieur: professionnel, familial, religieux, économique... etc. est le plus souvent utilisé. Ce cadre met en scène principalement le dominé et le tiers vacant. C'est le dominant qui va transgresser cet ordre établi. A noter que la structure n'est pas nécessairement linéaire et que le dominant est souvent introduit par le tiers vacant.
Le dominant va distribuer les rôles, mais c'est au final le dominé qui, en refusant le cadre social habituel, va exclure le tiers vacant.
Une fois transgressé le cadre social est modifié de manière irréversible. Il aboutit soit à une société clandestine soit à une déformation de la société par le prisme de l'intime. Dans le cadre d'épisodes, tout le talent est de toujours mettre en place de nouveaux cadres sociaux habituels malgré la transgression effectuée sur le précédent (sinon on se retrouve avec une simple répétition).

L'acte sexuel en lui-même (entre le dominé et le dominant, puisque le tiers est vacant) est assez court puisque ne constitue pas en lui-même la transgression plus portée par les "préliminaires", c'est à dire le forçage du dominé par le dominant (l'acte forcé n'est pas forcément non voulu). Pendant l'acte les personnages du dominé et du dominant sont fortement distincts et aucun ne cherche à atteindre l'autre. Le plaisir, enfin, est arraché au dominé par le dominant qui reste flegmatique. Le rapport sexuel peut aller jusqu'à être limité au forçage et à l'orgasme même si cela parait étrange.
Si le tiers ne participe pas il sera enfin mis au courant de sa vacance par l'intermédiaire du dominé (en direct, en différé ou de manière intégrée au dominé). A noter que le tiers ne recherche d'interaction qu'avec le dominé.

Le sexe des différents protagonistes n'est pas défini a priori. Bien souvent le dominé est une femme et le dominant est un homme (le tiers vacant, potentiellement plusieurs, peut prendre bien des formes) mais c'est loin d'être obligatoire puisque c'est du cadre social que le reste va dépendre. A noter que dans le cadre d'une lecture sincère, c'est à dire si le lecteur est adulte (s'il maîtrise sa socialisation): si le tiers est vacant, le dominant est défaillant et ne peut pas représenter un quelconque modèle. Les messages alternatifs non pornographiques reprenant le personnage sociopathe (publicité, divertissement, entretien d'embauche, discours politique...) pouvant évidemment remettre en question la construction de cette socialisation adulte. Seul le signe de la transgression et non sa forme est l'objet du récit.

1 commentaires:

ropib a dit…

C'est bien sûr une étude toute personnelle et d'ailleurs plutôt technique sur l'écriture qui ne permet une étude véritablement de fond que par rebond.

En voici un (rebond) qui ne me semble pas abordé dans mon texte: La génération du porno