14 avril 2006

Efficacité et utilitarisme

Ce blog a-t-il une raison d'être ?
Pour qui écrit-on ?

Le blog est peut-être un outil de communication... je ne sais pas. Je ne pense pas que ce format soit adapté à mes objectifs personnels d'ailleurs.
Pour l'heure je l'utilise comme moyen d'expression, notion qui jusque là ne nécessite pas la présence d'autrui, visant à générer des impressions (c'est là ou autrui entre en jeu, mais le rapport n'y est pas doublement articulé).

Je ne vois pas de sens à la vie. L'espoir et le désespoir étant indissociables pour moi, je tempère la pensée divine de Kierkegaard et je me positionne comme athée (pas d'espoir, pas de désespoir). Je ne vois pas non plus d'ordre dans l'univers, je ne suis même plus nihiliste. Pur produit de la culture de masse ?
Bref je suis le seul à être responsable de ma vie, c'est tout. En cela je suis identitariste.
Qu'est-ce que l'identité ? Certainement pas quelque chose de défini... le temps, la chance, le rêve et la souffrance existent. L'identité est un processus autoréférencé de choix plein, basé sur des heuristiqes. Ici la réalité n'a plus qu'une valeur symbolique d'échanges.

Le langage est-il fait pour être universellement compris ? Ca pourrait être le cas si autrui était vrai. Or autrui n'est que réel. N'utilise-t-on pas le langage dans nos rêves ?
J'ajouterais qu'il n'y a pas une vérité, pas des vérités mais tout est vérité. Car en chacun de nous réside toute l'humanité. L'identité (entre autres, j'y reviendrai) nous permet de nous positionner par rapport à la réalité et agit alors comme un filtre.

Ce billet n'a pas pour but, donc, de définir une vérité (cela servirait-il à quelque chose ?). C'est un point de vue, incomplet ; une modélisation nécessairement restreinte. Mais une cohérence est possible entre plusieurs modélisations. Y serais-je arrivé par le biais du langage ? Borges me fait dire que non.
Ceci est une conclusion, en aucun cas une introduction à ce qui suivra. Les vrais questions continueront d'être abordées mais ce point semblait nécessaire.

2 commentaires:

Adeline a dit…

C'est intéressant dans la mesure où l'on s'interroge actuellement sur la différence entre le blog et le journal intime. Journal intime dédié, dit-on, à son for intérieur. Quid de ces auteurs qui ont tenu leur journal à la perfection sans le cacher ni le détruire, maniant la plume avec autant de zèle qu'Hugo un soir d'automne?
Publier sur internet implique lecture par des internautes. Donc intention délibérée de communiquer avec autrui; mais là encore, tu es subtile, car cet autre est virtuel. Mais l'autre, il me semble que tu t'interroges également, est-il de toute façon réel?
C'est en tout cas bien agréable de lire tes textes qui me seraient à jamais restées muettes s'ils avaient été uniquement consignés sur un papier glissé sous le matelas...

ropib a dit…

Pour autant il s'agit d'un nouveau média. J'ai dis "my front from behind things" car j'essaye de témoigner de ce que la réalité n'est pas vécue. Je tente une exploration d'une réalité alternative et reconstruite : finalement il s'agit de mon blog.
Peut-être qu'avec le temps je réussirai à construire quelque chose mais il faut me le laisser. On ne peut pas commencer par la fin.
Il y aura un hypercube, une religion, un parti politique, une décapitalisation du marxisme, Anastasia, un Homo Sapiens Particeps... si à la fin je retrouve Pénélope ça voudra dire que je n'ai pas complètement échoué.