09 avril 2006

Le soleil

Je regardais le ciel, illuminé d’étoiles. Elles semblaient plus ou moins loin, scintillant chacune à leur façon. Certaines changeaient de couleur, d’autres virevoltant, dansantes et ludiques, toujours fixes mais vivantes. Le ciel s’animait parfois d’une étoile filante, qu’on saisit au vol pour passer le temps, un petit vœu auquel on ne croit pas.
C’est la nuit qui tombe sur les étoiles. Elles disparaissent imperceptiblement. Une étoile dont on s’était faite une amie à force de la deviner, au loin, là-bas, on tourne les yeux, on revient à elle, elle n’est plus là.
Puis le ciel change de couleur, il est plus clair là-bas, au loin. Ce n’est plus le même loin. Oui le ciel perd de sa profondeur. Une lumière arrive, on ne sent qu’une présence diffuse. Puis, d’un seul coup le ciel change d’instant en instant.
Mon cœur bat plus fort. Je regarde dans la direction qui m’est indiquée. Je me lève et ce vertige que je ressentais, couché depuis longtemps face à l’étendue de l’univers, disparaît. Je retrouve ma verticalité. Il se passe quelque chose et je n’ose plus maintenant regarder. Un astre mat et lisse se dresse au-dessus de l’horizon et avec lui, l’espoir. Je regarde par à-coups, il m’a vu, et surprise, il me salue majestueusement. Calme, presque timide malgré cette puissance qu’il dégage. Je l’apprivoise, je le salue moi aussi. J’essaye de faire connaissance, sans l’effrayer, je m’approche, mais il reste loin.
Alors je l’observe. Il m’observe, je le sais. Il est beau, très doux et gentil. Sa présence est sensuelle, l’atmosphère se réchauffe. Alors que je veux le séduire, c’est moi qui me sens bien. Je ne me sens plus seul. Il se sent bien lui aussi. Il a fait un long chemin semble-t-il pour me rencontrer, et je suis heureux de le voir. Je lui chante doucement des chansons dans l’oreille mais il ne m’entend pas. Il continue de s’élever comme si je n’étais pas là.
Oh bien sûr, son regard reste posé sur moi mais je soupçonne quelque chose. La lumière baisse, de plus en plus vite. Je sens que je n’ai pas le temps. Son rendez-vous est prévu depuis longtemps. Moi qui voulais l’apprivoiser, l’approcher, le sentir, il s’en va, il faudrait que je le retienne, mais comment, pourquoi ? J’aurais voulu plus de temps.
Le Soleil a rendez-vous avec la Lune au visage si froid. Cet astre sans vie qui a fait perdre la tête à déjà tant de poètes. Déjà elle l’étreint et je me sens de trop. La nuit est retombée et je ne vois plus rien devant moi. Je reste prostré, cherchant un signe de sa part.
Dois-je attendre, me retourner pour ne pas voir ce spectacle hideux ? Oh je le sens essayer de me séduire encore ! Il est bien présent, il me donne rendez-vous, pour quoi faire, que me veut-il ?
Il veut me brûler les yeux.

1 commentaires:

ropib a dit…

Une clé: ce texte est le même que "Une tour"