21 août 2006

Humilité

Brouillon de ce qui fait que je suis moi, de ce que c'est suffisant pour moi et bien plus encore pour les autres.


La négation de l'essence externe et explicite (existence, je prends le risque) de la réalité est pertinente par rapport au langage (qui est l'outil de consensus) mais pas au niveau de notre construction cognitive. La modélisation d'un monde sans réalité existante est possible, comme beaucoup d'autres, mais quelle est la pertinence pour l'Homme qui y est confronté tous les jours ? Prigogine pose cette question de la pertinence par rapport au vécu dans le domaine de la science mais elle est valable aussi au niveau philosophique. Le dicible ne contenant pas la totalité de la réalité (puisqu'elle est objet d'étude, étude amenant à la détermination parfois de nouveau langage, de nouveau mot, et non l'inverse) nous utilisons des modélisations pour pouvoir s'y confronter et mieux la saisir. Une modélisation peut aussi être basée sur mon unique vécu, attendu qu'il englobe l'absolue totalité de ce que je perçois (langage y compris).
Si je propose que ma réalité est la totalité de ma réalité c'est que je ne vois pas en quoi j'aurais le droit d'imposer à l'autre ma vision de la réalité. On peut partir du principe qu'il existe quelque chose que nous appellerons d'un commun accord la réalité, quelque chose qui nous serait extérieur... mais encore faut-il qu'on se mette d'accord.
Nier mon propre vécu est une atteinte à mon identité jusqu'à l'insoutenable. Si je dis "non" à Aristote sans l'avoir lu je ne commets aucun crime de lèse-majesté à un homme qui n'a pas besoin de mon acquiescement pour que sa gloire soit reconnue de par le monde. Pour autant qui serait-il pour s'octroyer le droit de m'expliquer ce que je vis et ce que je ne vis pas. L'approche historique de la métaphysique est pertinente jusqu'à un certain point, une approche étymologique peut être intéressante aussi lorsqu'il s'agit par exemple d'analyser une approche culturellement autre mais intellectuellement valide.
En ce qui concerne les rapports sociaux à mon avis il vaut mieux partir du principe qu'on est soi-même et que soi-même, influençable mais peu (ce qui permet le dynamisme et l'échange mais le dialogue aussi en proposant de manière plus ou moins temporaire des positions finies, une face) sans cacher les aspérités pertinentes qui permettent à l'autre de saisir les limites de l'échange. L'autre n'est donc pas existant a priori dans le rapport social, les conditions de l'échange doivent être "gagnées".
L'identité est cause d'elle-même sans recours à la substance car il y a création à partir du moment où il y a temps et système loin de l'équilibre. L'identité est cause d'elle-même, unique et multiple (ou plutôt polymorphe séquentiellement et concurremment dans les limites cérébrales) c'est à dire qu'elle est indivisible et qu'elle se contient. Elle ne peut donc être déterministe, ajouté qu'elle est basée sur une construction heuristique et auto-référencée. Elle est totale puisque ne souffrant d'aucun manque (de la même façon que nous ne voyons pas l'obscurité derrière nos yeux). A ce niveau plusieurs approches peuvent être considérées: l'ego et la conscience. Ce serait mal comprendre mon discours puisque la conscience est un mécanisme de l'identité et l'ego la représentation vers la conscience. La face est un peu plus complexe dans sa construction puisqu'elle vise à faire concorder son image et son ego.
Si l'identité est insatiable au niveau de la recherche de performance de ses processus heuristiques (ce qui peut expliquer une "vieillesse" psychologique perceptible plus ou moins dé-corrélée de toute vieillesse organique) cela n'implique pas que le rapport social, le rapport à l'autre, est nécessairement intellectuel, assez peu même.
C'est à dire que les idées ne contiennent pas de sentiment mais en découlent nécessairement (d'où l'erreur logique car il y a toujours un sentiment derrière une idée). La perception génère des émotions qui sont elles-mêmes analysées sous forme de sentiment. L'identité gère le sentiment de manière native et il lui appartient ou non de le transformer en idées (pensées rendues dicibles) qui peuvent être à leur tour codées sous différentes formes. La forme n'étant pas seulement consécutive de fond mais pouvant être à l'origine d'associations créatrices (voir la poésie), les idées elles-mêmes peuvent être créatrices de sentiment sans pour autant être l'information traitée. Notre fascination pour le langage est bien naturelle, d'autant plus qu'il nous aide à nous différencier et nous reconnaître (voir les définitions d'animalité), pour autant il est clair qu'il ne s'agit pas du "code source" du cerveau. On peut vouloir en rester au magique et nier notre caractère matériel mais c'est là qu'intervient l'axiome: je n'y vois aucun intérêt politique (la religion en découlant), c'est à dire dans l'articulation entre l'autrui idéal et la face idéale qui vise à l'idéalisation de l'interaction en général ; la définition des axiomes pouvant être "analysée" plutôt qu'étudiée aujourd'hui.



Je suis désolé de la forme très peu construite du discours, c'est un peu brutal. Tiraillé actuellement entre plusieurs problématiques personnelles et sur plusieurs niveaux je me suis rendu compte qu'un brouillon était nécessaire. De plus je crois que peut-être un schémas peut éclairer parfois l'ouvrier, et a posteriori pour certains de mes posts, lorsque l'architecte a du mal à dessiner des plans... un jour peut-être la Sagrada Família sera-t-elle d'ailleurs terminée.

1 commentaires:

ropib a dit…

J'ai remarqué il y a peu qu'il n'y a pas de notion génétique dans l'identité...
Il y aurait donc une notion supplémentaire à trouver.


Pour "l'approche culturellement autre" il est bien sûr, et certains l'auront reconnu, question de l'hypercube aborigène (que j'avoue extrapoler légèrment mais la fascination du modèle de base est bien trop tentante) et le vertige combinatoire de son rapport à la réalité qui va avec. Le bouddhisme n'en serait-il d'ailleurs pas un filtre uni-dimensionnel ?