22 février 2007

Etat-civil 2.0 (1)

Brouillon - Ici la définition de l'idisme commence cruellement à manquer, nous verrons bien.

L'identification est basé sur la nécessité de garantir à chacun une place dans la société: avant d'être soi nous pouvons être reconnus comme un autre par ceux qui nous entourent et ainsi construire notre identité autour des relations qu'ils nous permettent de lier. Arrivés en âge de nous prendre en charge il nous faut trouver la garantie de pouvoir exister sans la protection concentrique. Si l'identification semble donc naturelle a priori pour construire son identité et pour en empêcher l'usurpation par la suite, le rappel incessant de ses caractères pose problème. Il ne faut pas oublier non plus que notre identité est déjà construite dans les univers sociaux (sauf dans les univers secondaires comme Second Life, nous y reviendrons) et que l'accès à celui-ci n'est finalement pas garanti par un identifiant de l'utilisateur mais par un identifiant du point d'accès au réseau. Des solutions comme OpenId commencent à se passer de l'identification réseau mais fonctionnent selon le même principe. Est-il vraiment naturel en revanche de créer de nouveaux "identifiants" à chaque fois que nous voulons nous inscrire dans un comportement particulier ? Certes des outils nous permettent de gérer plus ou moins facilement le passage d'un"pseudonyme" à un autre mais c'est tout de même une drôle de relation à soi et aux autres que d'être obligé à la schizophrénie formelle. Sans compter la possibilité de pister un individu.
Dernièrement je me suis retrouvé dans une drôle de situation: confronté à un comportement de déviance j'ai réussi rapidement à recouper divers moyens de reconnaissance mis à disposition par un utilisateur (malgré une stratégie de chiffrement). J'ai pu le pister à travers le web, j'ai pu analyser les caractères communs des divers moyens de reconnaissance choisis par la personne et ses lieux d'existence, j'ai bénéficier de travaux de reconnaissance comparables d'autres utilisateurs, j'ai eu accès à une grande partie de sa base relationnelle, par ailleurs et de par lui je me suis retrouvé en face du noyau de sa stratégie sociale (forcément méthodique puisqu'étrangement structurée dans le déni d'autrui). Mais pourquoi pouvoir aller si loin ? (pourquoi le faire aussi ?) J'aurais même pu arriver à des informations administratives peut-être.

Une centralisation des moyens d'identification peut être intéressante, mais pour quoi faire ? Les outils d'identification doivent-ils servirent à l'interaction ?On pourrait imaginer par exemple la génération d'un moyen de reconnaissance(pseudo, avatar ou autre) aléatoire attaché à l'identification centralisée et référencée pour les webmasters. Certains forums proposent un espace dédié à la présentation des nouveaux membres. Dernièrement FredCavazza a proposé une présentation de Second Life en immersion à des professionnels, là encore on pourrait imaginer une approche plus générale d'accompagnement au sein d'un univers social. Finalement peu importe, à un niveau local, que la personne soit identifiée formellement, il suffit qu'elle soit reconnue et de savoir que des moyens d'identification existent et peuvent être requis de manière encadrée si besoin est. A partir de ces dispositifs d'intégration on peut imaginer des portées plus ou moins grandes des moyens de reconnaissance avec pour chacun des rapports au privé, à l'intime, au concentrique, à la communauté et au publique.


1 commentaires:

ropib a dit…

Dans "Be yourself!" François Flahaut propose une identité détenue par les autres (je ne peux qu'opiner du chef, je suis moi-même surpris mais les faits sont là) et de là en arrive à l'identité administrative. Il met finalement l'interaction au centre de la réflexion, l'état civil devenant une abstraction de l'univers concentrique nécessitant une certaine immuabilité.

P174
Il aborde le soi comme une mémoire de nos interactions. Je dirais que je n'y vois pas l'identité puisqu'il s'agit finalement d'une relation avec soi-même. On rentre dans l'interaction référencée que nous avons déjà rencontrée.

P185-186
C'est là que ça se corse, en prenant comme base les contes et ici Peau d'Âne, malgré le contournement:
"cet « ailleurs » qui empêche que se referme le cercle de la destruction est matérialisé par un personnage qui intervient en tant que tiers"
L’auteur parle de l’inceste, toujours articulé avec la problématique de l’auto-engendrement – vu de manière très claire chez Barbara GLOWCZEWSKI
Puis: "ce recours ne se manifeste pas sous forme d'un personnage spécifique ; il est inériorisé par l'héroïne : elle sait ce qu'elle veut et elle sait comment y parvenir"

Et voilà que nous avons un intervenant tiers au soi et à autrui qui est intégré à une chose qui ressemble à un ensemble qui constituerait une personne. Si on regarde les personnes souffrant de dysfonctionnement de mémoire il est clair que le "soi" pose problème mais le "je" ne pars pas nécessairement. C'est ce tiers, qui nous échappe et qui prend pourtant des décisions, non nécessairement cause première de soi mais qui le devient petit à petit, que je propose comme identité.

J'ajouterais que quand on me demande "qui êtes-vous ?", je ne pense pas à ma carte d'assuré social, ma carte d'identité, mon RIB etc. Ma réponse va être réfléchie et orientée selon le potentiel relationnel que je vois dans ce début d'interaction. Bêtement je vois la une vérité tangible et j'en viens à me dire que le terme "identité administrative" est un abus de langage.