13 février 2007

La brique

J'ai eu peur.

Oui j'ai eu peur alors que tant d'années se sont écoulées. L'année dernière j'ai retiré la peinture noire aux fenêtres et j'y ai mis de jolis voilages, j'ai ouvert une cloison pour en faire une porte, j'ai abattu un mur pour avoir plus de volume. Et s'il est vrai que je n'ai pas réussi à accrocher le tableau qui me plaisait il me semblait que mon intérieur n'était pas trop mal.

Et je me suis tourné... j'ai revu le mur, le trou et derrière, la brique. Oui j'ai couru, j'ai tendu le bras à travers le trou. Je pouvais la sentir du bout de mon doigt, cette brique qui m'a torturé si longtemps. L'obscurité envahissait la pièce. J'entendais la tringle tomber, la peinture noire couler à nouveau, le plâtre se reformer et durcir, le plafond dégringoler lentement. La porte a claqué et m'a fait sursauté. J'ai pris conscience que ici désormais n'allait plus être si je continuais de la sorte. Finalement Phoenix n'allait-il pas se relever ? Ainsi, en pensant à cette bête stupéfiante, je me suis mis sur mes jambes à nouveau. Retrouvant ma main entière je regardais autour de moi.

Si tout n'est pas exactement pareil l'endroit a retrouvé son équilibre. Je me souviendrai simplement que la brique est encore là, derrière, prête à reboucher le trou.

1 commentaires:

ropib a dit…

Ce qui est un tout petit peu drôle c'est que, sans rentrer dans les détails, à peine j'avais écrit cet article que je me prenais la brique dans la gueule... semblerait-il que quelqu'un était derrière.

Bon donc j'ai cassé le mur. Finalement il n'y avait vraiment pas de quoi avoir peur. Après avoir dégagé une araignée qui campait là, j'ai enlevé la poussière et ouvert la fenêtre. Il y avait une petite brise, le printemps allait arriver.