02 juin 2008

Formication de Nune

Une Nune peut expulser un prélèvement correspondant jusqu’à 10% de son information dans le paysage. Elle est alors déclarée innée. L’ensemencement d’une nouvelle colonie peut se faire de nombreuses générations après l’expulsion (en fait le nombre de générations est théoriquement infini mais nous verrons que des contraintes de cohérence nécessitent une certaine limite dans le domaine).
Plusieurs générations de sociétés d’organismes simples sont lancées par clonage en premier pour préparer l’ensemencement des premiers individus afin d’avoir aisément un contexte adulte à sa disposition. La communication quasiment instantanée (se déroulant dans des dimensions discrètes de l’espace, suivant un processus comparable à l’intrication quantique) entre la Nune et sa colonie permet un contrôle important de celle-ci et la création d’un espace transitionnel performant pour le développement de jeunes individus. La mortalité est néanmoins très importante sur les 2 premières générations de la colonie, principalement en raison de ressources culturelles limitées et d’une dissémination mémétique quasiment nulle. La mortalité décroît à partir de la troisième génération malgré des malformations qui restent importantes, le contrôle de la part de la Nune innée doit rester constant. Ce n’est pas sans coût, et le partage de ressources commence à remettre sa propre cohésion en jeu.
A la quatrième génération une scène sémiotique est mise en place à l’intérieur de la colonie. Si jusqu’à présent les ressources alimentaires étaient dépensées sans limite afin de multiplier les échanges biologiques, la Nune innée met en place à ce moment une politique de contrôle démographique rigoureuse limitation de la reproduction, sélection génétique, épuration pure et simple. Il s’agit ici d’une phase de transition avant la fulmination de particules sémiotiques dans l’espace, quand la colonie s’organise en Nune pré-publique.
A la cinquième génération le conflit entre la Nune devenue jovienne (autorité juridique sur une orbite différente) et la Nune innée est majeur, l’entrave de cette dernière est déchirée et la colonisation proprement dite commence. Il s’agit ici d’une phase assez sensible puisque la Nune jovienne passe de la dépendance à l’autonomie puis à l’indépendance et les deux senembles ont tout intérêt à éviter la rupture. Néanmoins la première phase d’ensemencement étant des plus violentes il faut attendre le plus souvent la septième génération pour qu’une collaboration se mette en place avant de pouvoir observer, un peu plus tard, chez les Nunes innée et jovienne une assimilation symbiotique. Il arrive parfois que la rupture soit consommée avec pour résultat une maturation longue de la Nune jovienne et une fusion tardive dans le meilleur des cas, une disparition de celle-ci dans le pire. Toujours, si la rupture n'a pu être évitée, la Nune innée aura auparavant coupé tous les systèmes de navigation et de communication dense afin d’éviter tout affrontement véritable. A ce jour aucun n’a été observé malgré des tensions graves (semble-t-il nécessaires : les colonies soumises ne réussissant pas leur implantation), mais le risque reste théoriquement crédible.

Une problématique lourde est temporelle. Un grand nombre de générations peuvent en effet se succéder au sein de la Nune innée avant le début de l’ensemencement de la colonie, augmentant le risque de différenciation entre des moyens de communication originels et des nouveaux, mutés. Pour y remédier la Nune innée a trouvé une solution surprenante : la conservation artificielle, par un procédé de parthénogénèse, d’une population d’individus de génération d'origine au sein du groupe reproducteur pendant toute la durée du transport. Ce subterfuge met néanmoins en péril la cohésion de la Nune ainsi que son adaptation et l’effort correspondant ne peut être maintenu trop longtemps.

1 commentaires:

ropib a dit…

J'ai réalisé la nuit dernière que l'Homme a déjà rencontré l'alterité. Alors que pouvons-nous en tirer comme conclusions ?

1) Nous sommes en cours d'évolution (c'est guère surprenant)
2) Nos objectifs sont de plus en plus culturels, moins génétiques.

Ainsi après avoir regardé la bande annonce triviale de A for Andromeda j'ai trouvé la réponse à tout fondement d'un premier contact (qu'il soit nôtre ou autre). Cet article pêche par l'absence de premier contact. On le devine un peu avec l'évocation d'une réussite ou d'un échec d'une implantation. Je pense qu'il faudra que je revienne dessus et notamment sur le phénomène de la rencontre (après le contact). Peut-être que j'utiliserai une pyramide des besoins explosée: en hypercube ?